Finances : grand chambardement à la BSIC

BSIC

Le groupe bancaire libyen BSIC, lancé par le défunt guide Muammar Gadaffi, va-t-il résister encore longtemps aux nouvelles exigences et besoins capitalistiques, conformément aux normes de Bâle 2 et de Bâle 3 ? Selon des informations exclusives, ses besoins en couvertures complémentaires de provisions pour créances douteuses sont dans un état abyssal et atteignent un montant de plus de 250 millions USD. À ces griefs s’ajoute le chambardement tous azimuts des Directeurs généraux, qui changent et permutent entre les filiales, sur fond de management peu agressif et attractif. Les dessous d’une banque qui cache son mauvais état de santé financière.

La BSIC amorce un tournant capital de son existence. Après son lancement en avril 1999, sur inspiration du guide libyen Muammar Gadaffi, tué en 2011, le groupe bancaire  fait face à une situation de trésorerie très tendue. Selon des sources autorisées, il s’agit principalement des besoins capitalistiques pour couvrir les exigences des Banques Centrales des pays où opèrent les filiales afin de couvrir les fonds propres légaux et être en conformité avec Bâle 2 et Bâle 3. Des sources informent aussi que les besoins de couvertures complémentaires de provisions pour créances douteuses sont dans un état abyssal et atteignent la barre des 250 millions USD.

Dégradation du portefeuille de certaines filiales

Nous avons  appris de source bien informée le départ du directeur de l’inspection du groupe. Ce dernier a constaté l’ampleur des irrégularités et l’absence totale de bonne gouvernance, même si, à l’interne, ces informations ne sont pas confirmées.  S’il n’y a aucun signe alarmiste du côté du siège, qui minimise l’état de santé financière du groupe bancaire, quid des membres du Conseil d’administration ? Courent-ils un risque juridique important face à la dégradation du portefeuille de certaines filiales ?

Le manque de performance perdure et n’a pas trouvé l’alchimie pour se redresser. Il se susurre que les administrateurs représentant les actionnaires respectifs (États du Niger, du Burkina Faso, du Mali, du Tchad) comptent élever la voix. Cette situation, loin d’afficher la grande embellie que revendique la BSIC, n’aurait toutefois pas impacté les importants investissements du groupe en faveur des économies de la sous-région. Ces investissements sont estimés dans l’espace UEMOA à plus de 7 000 milliards, dont 650 pour le Sénégal.  L’actuel PDG du groupe bancaire, le Libyen Ali Moktar, est surtout dans l’apparat cérémonial, à coups d’inaugurations en grande pompe de filiales.

Jeu de chaises musicales

Selon des informations exclusives obtenues par Confidentiel Afrique, les filiales sont sous l’éteignoir d’un vaste chambardement, sur fond de permutations. On apprend que le brillant banquier sénégalais Adama Diop, qui avait redressé la filiale ghanéenne et qui occupait les fonctions de Directeur Général de BSIC Sénégal jusqu’en novembre dernier, a rejoint le siège du groupe, établi à Tunis depuis le soulèvement du printemps libyen. Il est remplacé par le Tchadien Adoum Abakar, qui prend les commandes du cockpit de la filiale sénégalaise. Le Libyen Zeitoun atterrit à BSIC Burkina, en remplacement de l’autre Tchadien du groupe bancaire, Hissein Mahamat, lequel migre sur la place financière  de Bamako (République du Mali).  Son prédécesseur, le Sénégalais Mamadou Diouf, dirige désormais la toute nouvelle BSIC Holding UEMOA, mise en place il y a quelques semaines et dont le siège est à Dakar (Sénégal).  Le Burkinabé Issa Tiendrebeogo prend du galon et garde depuis quelques jours les clefs de la BSIC Niger.

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