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Abrahmane Diallo, secrétaire général de Ganda Izo : « Il n’ya pas d’enfants soldats dans nos rangs »

Abdrahmane Diallo, Sécretaire général de Ganda-Izo à Bamako, le 3 juillet 2013. @Nordsudjournal

Abdrahmane Diallo, Secrétaire général de Ganda-Izo à Bamako, le 3 juillet 2013. @Nordsudjournal

Après le communiqué de l’ONU, publié le 27 juin dernier annonçant l’inscription du Groupe d’autodéfense des Touareg Imghad et leurs alliés, des groupes d’autodéfense Ganda Izo et Ganda Koy sur la liste noire annuelle de l’Organisation des Nations unies (ONU)  comme des entités violant, dans les guerres, les droits des enfants, des leaders de ces mouvements contestent cette décision de l’ONU.

Dans une  interview accordée à Nord Sud Journal, Abdrahmane Diallo, secrétaire général de Ganda Izo, revient sur cette annonce et donne plus de détails sur les actions que compte entreprendre son mouvement, membre de la Coordination des mouvements des forces patriotique de résistance II (CMFPR II)

Nord Sud Journal : Il y a quelques jours, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a ajouté votre mouvement sur la liste noire des groupes armés. Etait-ce  une surprise ?

Abrahmane Diallo : Doublement surpris. D’abord, par cette nouvelle elle même, mais aussi par la manière dont nous avons eu l’information. C’est sur les médias que nous avons appris l’information, ce n’est pas normal. Nous sommes étonnés aussi par ce que, nous n’avons jamais été saisis par l’ONU concernant l’utilisation d’enfants ou autres, coupables des violations graves de droits humains.

On vous accuse notamment d’utilisation d’enfants soldats

Il n’ya pas d’enfants dans nos rangs, mais plutôt des vieux soldats. Nos combattants ont entre 20 et 60 ans. Nous ne sommes pas une milice non plus, mais plutôt un groupe d’autodéfense. Il y a six ans, en 2012, lorsque nous avons tous fait un repli tactique lors de l’occupation de nos villes par les groupes armés, nous avions effectivement des enfants dans notre centre de Soufouralaye, près de Mopti. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Des combattants de Ganda-Izo. photo fournie par Ganda-Izo

Des combattants de Ganda-Izo. photo fournie par Ganda-Izo

Q

Qu’est-ce que vous comptez faire après cette annonce de l’ONU ?

Nous allons contester cette décision du Secrétaire général de l’ONU. Nous la trouvons injuste. Il y a des rencontres prévues avec des responsables de la MINUSMA (la mission de l’ONU au Mali Ndlr) pour demander des explications. Aujourd’hui, nous sommes dans la dynamique de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et nous ne comprenons pas pourquoi on nous inscrit sur une blacklist.

Le Ganda-Izo est signataire de l’accord pour la  paix, mais aujourd’hui, votre mouvement n’est ni membre de la CMA ni de la Plate-forme. C’est une situation  qui vous embarrasse j’imagine.

Effectivement, nous avons signé l’Accord pour la paix le 15 mai 2015, malgré le mot d’ordre de la CMA (la Coordination des mouvements de l’Azawad, dont faisait partie Ganda-Izo) qui stipulait de ne pas signer cet accord. Aujourd’hui, nous ne sommes plus membres de la CMA, encore moins de la Plate-forme. Nous ne sommes pas pris en compte dans le Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) de Tombouctou et Kidal et nous ne faisons pas partie de la Commission nationale de Réforme du Secteur de Sécurité, ni des autorités intérimaires des cercles et des régions du nord. A la dernière rencontre du Comité de suivi de l’Accord, son président a demandé aux parties maliennes (CMA-Plateforme et gouvernement malien) de nous mettre dans nos droits.

Des combattants de Ganda-Izo. Photo fournie par Ganda-Izo

Des combattants de Ganda-Izo. Photo fournie par Ganda-Izo

Si jamais vous n’êtes pas pris en comptes dans ces dispositifs de l’Accord, qu’est-ce que vous comptez faire ?

Il ne peut pas y avoir la mise en œuvre de l’accord chez nous,  sans nous ! Si nous ne sommes pas inclus, nous allons entraver la mise en œuvre dans les zones où nos combattants sont présents avec l’aide des mouvements alliés, notamment la Coalition du peuple de l’Azawad (CPA), le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), le Mouvement populaire pour le salut de l’Azawad (MPSA), le Front populaire de l’Azawad (FPA). Je pense que les gens se souviennent de nous. Nos combattants avaient investi  le siège du Conseil régional de Gao parce que nous n’étions pas pris en compte dans l’installation des autorités intérimaires du conseil régional de Gao.

Propos recueillis par Hamidou Diallo