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Exclusif Mali : Amadou Toumani Touré : « J’ai repris la présidence de la fondation pour l’enfance »

Amadou Toumani Touré lors d'un voyage en Inde, New Delhi, le 11 janvier 2012

Amadou Toumani Touré lors d’un voyage en Inde, New Delhi, le 11 janvier 2012

L’ancien président malien Amadou Toumani Touré (ATT) qui vit à Dakar depuis 2012, est à Bamako depuis le week-end dernier pour inaugurer une nouvelle unité de soin cardio-pédiatrique au sein du centre hospitalier Mère-enfant Le Luxembourg de Bamako. Aujourd’hui, ATT ne veut plus « parler de politique » en tout cas pas dans les médias, et souhaite désormais travailler dans l’humanitaire à travers son ONG, la Fondation pour l’enfance. Il a accordé un entretien au journaliste Baba Ahmed.

En retraite politique depuis 2012, jusque là, Amadou Toumani Touré (ATT) évite les cameras et les journalistes. Avant d’accorder cet entretien, il pose une condition : Pas des questions sur la politique. ATT préfère parler de son ONG, la Fondation pour l’enfance et de son futur combat humanitaire pour les enfants cardiaques du Mali. Ce 10 septembre dernier, avec sa femme Lobbo Traoré, ATT a inauguré une nouvelle unité de soins cardio-pédiatriques ouverte par l’association La Chaîne de l’espoir au sein du Centre hospitalier universitaire (CHU) mère-enfant Le Luxembourg. Une unité flambant neuve, qui met l’hôpital au niveau des standards internationaux, grâce à une donation de 2 millions d’euros d’un mécène français, André Festoc.

En 1992, lorsque ATT avait quitté la transition démocratique au Mali, il avait crée La Fondation pour l’enfance pour aider ses « amis », les enfants maliens. Avec le concours de la fondation Raoul Follereau, ATT avait construit une maternité qui est aujourd’hui devenu le CHU Mère-enfant Le Luxembourg. Il avait par la ensuite noué des relations avec le Pr Alain Déloche, fondateur de l’association, la chaîne de l’espoir. Grâce à cette collaboration, une dizaine d’enfants maliens malades du cœur étaient envoyés chaque année pour être soigné.

Est-ce que vous allez reprendre la présidence de la fondation pour l’enfance ?

C’est déjà fait ! J’ai repris la présidence de la fondation pour l’enfance. Vous savez, lorsque j’ai été élu président de la république en 2002, j’ai désigné mon épouse comme présidente de la fondation par intérim, je lui ai dit que ça va lui permettre de moins s’ennuyer, parce que je partais occuper une autre fonction. Aujourd’hui étant donné que cette fonction est finie, je reprends la fondation où je l’ai  laissé. Mon épouse a non seulement accepté de me redonner la présidence de la fondation, mais elle a dit qu’elle va m’accompagner.

Quel sont vos futurs projes avec la fondation pour l’enfance ?

Nous allons consolider les acquis. Il y a une flamme qui a été allumée et il faut l’entretenir. Il y a près de 2.700 enfants dans l’attente d’une opération de cœur. Le nombre d’enfants décédés avant que leur tour n’arrive est impressionnant. Il y a du boulot. Je suis heureux de savoir que ces sont des très jeunes médecins et chirurgiens maliens qui étaient en formation en Tunisie, en France, ou au Sénégal  qui mènent ces opérations avec leurs collègues français.

Est-ce que dans les prochains mois, nous allons voir ATT plus actif, un peu partout pour faire des plaidoyers pour la prise en charge des opérations  des enfants cardiaques ?

Si je dois entreprendre des démarches ou aller voir des donateurs, je le ferai. Je suis libre de tout, et tout ce que je peux faire pour accompagner une action à laquelle j’ai cru depuis 20 ans, je n’hésiterai pas. La première chose que nous allons faire rapidement, c’est d’expliquer aux maliens ce que nous faisons ici. Expliquer ce que fait cette chaîne d’hommes et des femmes qui travaillent ici. Notre rôle est de les accompagner à travers un programme et si je devrais être l’animateur de ce programme, je le ferai de tout cœur.

La fondation pour l’enfance espère prendre en charge combien d’enfants malades chaque année ?Jusque-là, nous envoyons à travers l’association La chaîne d’espoir, en France au maximum une dizaine d’enfant par ans. Avec ce nouveau bloc opératoire pouvons opérer entre 40 et 50 enfants par an. Mais nous ne voulons pas rester seulement au Mali. Les enfants Burkinabés et ceux d’autres pays de la sous-région bénéficieront aussi de ces opérations.

 Propos recueillis par Baba Ahmed, à Bamako