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Manuscrits anciens : SAVAMA-DCI, lauréat du 7ème prix UNESCO/JIKJI mémoire du monde

 

Notre pays vient d’être honoré à travers l’ONG Sauvegarde et valorisation des manuscrits anciens pour la défense de la culture islamique (SAVAMA-DCI) qui a reçu le «Prix UNESCO/JIKJI Mémoire du Monde». C’était lundi dernier dans la ville de Cheongju  en Corée du Sud.

Ce prix a été remis au coordinateur de l’organisation, Dr Abdelkader Haïdara, en présence de l’ambassadeur du Mali à l’UNESCO, Dr Oumar Keita et du directeur exécutif de SAVAMA-DCI Bazoumana Traoré. Il s’agit à travers cette distinction de saluer le travail exceptionnel de l’organisation dans la recherche, la conservation, le traitement et la valorisation des manuscrits anciens de notre pays. La structure primée s’est illustrée dans l’exfiltration de plus de 300 mille documents de la ville de Tombouctou en 2012 au moment de l’occupation des deux tiers du pays par les djihadistes.

Installée à Bamako, l’ONG continue son travail de conservation, de valorisation des manuscrits et de réhabilitation des bibliothèques des différentes régions qui possèdent des manuscrits. Selon l’UNESCO, l’action de SAVAMA-DCI contribue à la préservation et à l’accessibilité du patrimoine documentaire par des activités gérées et développées, des innovations, du leadership et des publications. Elle reconnaît l’effort exceptionnel de SAVAMA-DCI à surmonter les difficultés inhabituelles lors de l’accomplissement du travail de préservation et d’accessibilité du patrimoine documentaire.

L’ambassadeur Oumar Kéita a fait savoir que dans un monde en proie à l’intolérance, aux replis identitaires et à l’extrémisme violent, l’accès à l’information pour tous et au savoir devient plus qu’une urgence. Il est désormais existentiel. Depuis la nuit des temps, poursuit-il, nous savons que la connaissance profonde de soi est à la base du respect des autres. Et connaitre les autres évite la peur qui engendre la haine et conduit à la violence. La protection, la préservation du patrimoine documentaire garantissent la diversité culturelle et l’intercompréhension des peuples.

Pour l’ambassadeur de notre pays à l’UNESCO, « les manuscrits de Tombouctou, avec les écritures Adjami, en sont un exemple frappant». Il a remercié l’UNESCO pour le soutien sans faille à ce Prix Jikji qui répond, en partie, aux défis posés et constitue un cadre idéal pour la promotion de notre patrimoine documentaire et sa large diffusion. Il a aussi exprimé sa reconnaissance à la ville de Cheongju.

Le Prix a été créé pour commémorer l’inscription au registre de la mémoire du monde du Buljo jikji Simche Yoljeol, le livre considéré comme le plus ancien du monde, réalisé à l’aide de caractères métalliques mobiles. Ainsi, il est devenu un symbole important des efforts que le Programme mémoire du monde entreprend afin de promouvoir la préservation et l’accessibilité du patrimoine documentaire en tant que patrimoine commun de l’humanité. Il est financé par la République de Corée dans le cadre des dispositions prises avec le conseil municipal de la ville de Cheongju.

Le prix est doté d’une valeur de 30 000 dollars américains, soit un peu plus de15 millions de Fcfa. Il est décerné tous les deux ans à des personnes ou des institutions ayant contribué de manière significative à la préservation du patrimoine documentaire et à son accès. Ce prix est le seul dans le domaine du patrimoine documentaire, mis en place par l’UNESCO en 2004 pour commémorer l’inscription du Jikji au registre de la mémoire du monde. Il vise à promouvoir les objectifs du Programme mémoire du monde qui consistent à préserver le patrimoine documentaire mondial pour contribuer au dialogue, au respect mutuel et à l’entente entre les peuples et les sociétés afin de renforcer la coopération et la paix et garantir l’accessibilité de ce patrimoine commun de l’humanité.

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