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À Tombouctou, les deux branches du MAA fortement soupçonnées de collusion avec Aqm

Ces derniers temps, la force française Barkhane a arrêté plusieurs chefs des deux Mouvements arabes de l’Azawad (MAA-CMA et MAA-Plateforme). Ces arrestations interviennent après l’assassinat de plusieurs membres du MOC de Tombouctou par Aqmi.

Début septembre, un haut responsable de Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), membre de la Coordination des mouvements armés de l’Azawad (CMA), Mohamed Ould Oumar, membre aussi du Collège transitoire de la région de Taoudéni, a été arrêté dans la zone de Azouaih, à 100 km au nord de Tombouctou. Selon des confidences faites à Nord Sud journal, les soldats de Barkhane avaient montré à Mohamed Ould Oumar une photo de lui avec Talha Al Libye dans le désert. Surpris de voir sa photo avec le chef djihadiste, Ould Oumar a dit aux soldats français qu’il ne connaissait pas le chef djihadiste.

Check-points désarmés

Les soldats de Barkhane ont alors amené le responsable du MAA à Gao pour l’interroger avant de le transférer au camp I de la gendarmerie de Bamako, où il est toujours en détention. Quelques semaines plus tard, les soldats de Barkhane étaient de retour dans le désert au nord de Tombouctou. Cette fois-ci, ils ont désarmé systématiquement tous les check-points du MAA-Plateforme dans les localités d’Assadi, Likrakar et Azouaih. Au début de ce mois d’octobre, une unité de Barkhanea perquisitionné la maison d’un autre chef du MAA membre de la CMA, Mamuha Ould Ali à Tombouctou. Si rien n’a filtré sur ce qui a été découvert dans la maison fouillée, le haut responsable du MAA, a été arrêté et conduit dans un lieu tenu encore secret. Qu’est-ce qui pousse Barkhane à cibler deux groupes signataires de l’accord de paix et à dominante arabe bérabiche de Tombouctou ? Les questions embarrassent aussi bien les dirigeants de la CMA présent à Bamako que la force française Barkhane qui, pour le moment, mène des « opérations de ciblage » contre certains dirigeants des deux Mouvements arabes de l’Azawad. « Compte tenu de la confidentialité qui doit entourer ces questions, je ne pourrais y répondre », nous écrit le porte-parole de l’opération Barkhane. La CMA, d’habitude bavarde sur les opérations de Barkhane, refuse cette fois-ci de se prononcer sur ces événements. A Tombouctou, c’est silence radio, ce qui laisse croire que les personnes arrêtées ou les check-points désarmés avaient des connexions avec les djihadistes d’Al Qaida au Maghreb Islamique. Il faut rappeler que tout a commencé le 9 septembre 2018, quand le commandant du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) de Tombouctou, Salem Ould Mbeki, et membre du même MAA-CMA a été assassiné dans la ville de Tombouctou par un commando des djihadistes près de sa maison. L’officier revenait d’un rendez-vous avec un officier du MAA.

Au mois d’août dernier, c’étaient 4 membres du MAA dont des officiers du MOC de Tombouctou qui avaient été tués par un autre commando djihadiste en plein jour dans une maison à Tombouctou. Ces multiplications d’assassinats ciblant des officiers du MAA membre du MOC de Tombouctou, un organe de l’accord de paix, a laissé penser que le MAA était fortement infiltré par les djihadistes d’Aqmi.
Les observateurs estiment que si les dirigeants du Mouvement arabe de l’Azawad ne s’acquittent pas de leurs responsabilités et ne corrigent pas le cours de leurs relations avec tous les acteurs sécuritaires dans le Nord, l’avenir de leurs éléments est en jeu.

Oumar Sidi, à Tombouctou