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SECURITE : Gao dans l’attente du DDR des groupes armés du Nord

Alors que la ville de Gao servira de lieu de lancement du processus de Désarmement, Démobili­sation et Réintégration (DDR) des groupes armés du Nord, le 6 novembre prochain, les avis de la population sont plutôt partagés, entre satisfaction et méfiance. Reportage.

Ce 6 octobre à Gao, les repré­sentants des mouvements si­gnataires de l’Accord de paix et le gouvernement malien vont lancer le processus du Désar­mement, Démobilisation et Réintégration (DDR) accéléré. Les membres combattants du Mécanisme Opérationnel de coordination (MOC) seront in­sérés dans l’armée malienne et se transformeront en des unités qui ont pour tâche la sécurisa­tion de la ville, mais aussi des camps de cantonnement pour la poursuite du DDR.

Dans le quartier Château, Sou­leymane Moussa enseignant au Centre de formation profes­sionnel d’assistance en artisa­nat. Chemise bleu et pantalon vert, assis dans son bureau, le quadragénaire range ses docu­ments avant d’aller donner son cours. Selon lui, le DDR à Gao est synonyme de paix. « Moi, je pense que le lancement du DDR va apporter la sécurité, la tran­quillité, la paix et même de l’em­ploi à des jeunes désoeuvrés. La population est traumatisée par les bruits nocturnes à chaque coin de rue ici à Gao » dit-il. Gao a connu plusieurs pics de tensions communautaires, sur fond d’insécurité grandissante aussi bien à l’intérieur qu’à l’ex­térieur de la ville. Les marques de ces tensions sont encore dans la mémoire de Issouf Mai­ga, employé dans une ONG in­ternationale qui appuie l’édu­cation dans la région de Gao. Pour lui, le lancement du DDR, même s’il ne concerne pour le moment que les combattants du MOC, est déjà une bonne chose. « Aujourd’hui, les ONG ont du mal à travailler sur le terrain, à cause des braquages et les en­lèvements de véhicules. Le DDR va apporter des solutions pour le retour de la paix et la sécuri­té pour les ONG. D’autre part, il va permettre la relance du développement local et les ONG vont pouvoir aller vers les com­munautés qui sont dans le be­soin, sans oublier que c’est une opportunité pour diminuer le chômage des jeunes », ajoute Souleymane Moussa. Avant de conclure : « depuis long­temps on réclame le DDR pour les combattants des groupes armés. Cela va permettre au MOC de jouer son rôle, celui de sécuriser les camps de canton­nement ».

Mais cette confiance n’est pas partagée par tous les habitants de Gao. C’est le cas du Président du syndicat des chauffeurs de Gao, qui sont terriblement tou­chés par l’insécurité sur les axes routiers. Ainsi, la semaine dernière, deux chauffeurs ont été braqués et leurs voitures emportées par les bandits, nous confie Aliou Sagayar. « Ça ne servira à rien tant que l’État ne prendra pas réellement ses responsabilités. Les gens vont continuer leurs opérations de braquage et à tuer des inno­cents, surtout nous, les chauf­feurs. Depuis le début de la crise, c’est nous qu’on tue tous les jours ».

Le DDR est un pilier important de l’Accord de paix et son dé­marrage devrait faire diminuer l’insécurité « résiduelle » dans les villes et sur les axes rou­tiers.

Par Ibrahim Mahamane Maiga, à Gao