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Mali: Le Report des législatives vu par les élus du Nord

La décision de reporter les élections législatives est tombée comme une épée de Damoclès sur la tête de certains élus du Nord, qui se préparaient déjà pour la tenue du scrutin.

Pendant qu’on s’attendait de part et d’autre à ce que ces législatives soient une continuité de la présidentielle et fassent voir au monde entier que le Mali était redevenu un pays stable, le gouvernement apris la décision de les reporter. Et du coup de prolonger la mandature des élus en place pour une durée de six mois. Face à cette décision, beaucoup ont un sentiment de trahison et de déception. Les spéculations vont bon train concernant la bonne foi du gouvernement pour organiser lesdites élections, car pour certains les arguments avancés pour ce report ne sont pas justifiés. Au Nord du pays, on ne mâche pas ses mots.

Stupéfait

À Tombouctou, Gao et Kidal, on pense même à un sabotage.  « Ce report, pour moi, confirme la faiblesse de l’État. Parce que, dans un premier temps, le Président de la République a fait une promesse quant à la tenue de ces élections et que la Cour constitutionnelle, dans la même foulée, a même formulé un avis favorable, en réponse à une demande du Premier ministre, dans le cadre de la faisabilité de ces élections », dit Mahamane Boubacar  Maiga, membre de l’autorité intérimaire de la région de Tombouctou. Pour cette autorité régionale, les institutions qui sont chargées de garantir la Constitution sont entrain de jouer avec les textes. « Au Nord on est vraiment stupéfait par ce report, sur lequel, d’ailleurs, il n’y a même pas eu de communication, pour nous informer », dit-il. Ainsi, beaucoup d’élus du

Carte

Nord du pays ne comprennent pas qui est derrière cette décision. « Nous venons de sortir de l’élection présidentielle. Les matériels électoraux sont toujours en place, les agents électoraux sont encore fraichement formés, je ne comprends pas ce report », nous dit le maire de la commune de Bintagoungou, Hama Abacrine. En attendant un communiqué officiel annonçant le report des élections législatives, les hommes politiques des régions comme Gao ou Tombouctou ne savent plus sur quelle carte miser ? Ils ne savent pas si les électeurs des régions de Ménaka et Taoudéni éliront leurs propres députés ou ces derniers seront plutôt élut comme des députés des cercles des régions de Gao et Tombouctou.

Par Youssouf Ag ibrahim