À la Une: «Bourgou IV»

C’est le nom de la nouvelle opération conjointe au Sahel qui sera conduite par la force française Barkhane, en collaboration avec deux compagnies burkinabé, dans la zone dite des trois frontières, entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Opération qui sera engagée incessamment. L’annonce en a été faite par la ministre française des Armées, Florence Parly, actuellement en visite dans la région.

Le quotidien Le Pays au Burkina se réjouit de cette nouvelle initiative… « En attendant de voir l’opérationnalisation de cette grande battue aux djihadistes qui, on l’espère, fera changer la peur de camp, on peut saluer cette bonne nouvelle. Au regard de l’actualité brûlante et de l’état de nos armées qui balbutient leur art sur le front, Bourgou IV sonne comme une véritable bouée de sauvetage pour la sécurité qui va à vau-l’eau dans les pays du Sahel. Certes, pointe encore Le Pays, les souverainistes qui réclament à cor et à cri le départ des forces étrangères auront à redire, mais on doit l’admettre, l’heure n’est plus à l’exaltation d’un orgueil stérile dans ce contexte précis où nos Etats peinent à sauvegarder leur intégrité et leur souveraineté territoriales, jouant ainsi leur survie. »

Contraints de faire appel à la France…

En fait, pointe Le Monde Afrique, le Burkina Faso ne peut faire face, seul, au péril djihadiste. « Sous-équipée, mal formée et désorganisée, l’armée burkinabé semble incapable d’enrayer la montée en puissance des groupes terroristes sur son territoire. « On est dépassé, on n’y arrive pas, beaucoup ont perdu le moral et sont en colère, on a le sentiment que nos chefs ne maîtrisent pas la situation, ça ne fait qu’empirer chaque jour », confie une source policière, en colère. […] Sous pression, les autorités se voient contraintes de faire appel à la France pour faire face. »

Pour autant, constate encore Le Monde Afrique, « la présence militaire française reste un sujet politiquement sensible au Burkina Faso, où certaines voix de l’opposition s’élèvent pour exiger « le départ immédiat des forces armées étrangères, notamment françaises ». […] Souci d’indépendance, héritage de l’ancien président Thomas Sankara remis au goût du jour depuis la chute de Blaise Compaoré, le gouvernement actuel a toujours été réticent à solliciter l’aide de l’ancienne puissance coloniale. »

Résultat, pointe Le Monde Afrique : « la force Barkhane, composée de 4 500 militaires français et qui opère depuis les pays voisins, se voit ainsi contrainte d’agir au « coup par coup », souvent dans l’urgence. « Officiellement, le gouvernement n’assume pas ces appels à l’aide, affirme une source sécuritaire burkinabé, et demande à la France de rester discrète, d’autant que nous sommes à un an de la présidentielle. Mais en coulisses, il est acculé et se voit bien obligé de coopérer ». »

D’autres pays à la rescousse ?

Mais il n’y a pas que les entraves politiques… 4 500 soldats pour surveiller et contrôler un territoire grand comme l’Europe, c’est mission impossible…

Du coup, relève Le Point Afrique, « les autorités françaises cherchent de nouveaux alliés, européens ou pas, qui détacheraient, dès le début 2020, des Forces spéciales auprès (dans un premier temps) des unités maliennes au combat. Une initiative qui s’apparente aux Équipes de liaison et de tutorat opérationnel déployées jadis en Afghanistan. Des équipes de 15 à 50 spécialistes par unité, qui entraînaient, conseillaient et permettaient aux soldats afghans de bénéficier de renseignements, de photographies aériennes et surtout de l’appui feu des avions de la coalition de l’époque. […] Au Sahel, ce dispositif pourrait donc être dupliqué, relève Le Point Afrique. En juin dernier, Florence Parly avait clairement lancé un appel aux pays européens pour qu’ils envoient des forces spéciales auprès des armées sahéliennes. L’Estonie et la Grande Bretagne, déjà présentes, les Pays-Bas, le Danemark, l’Espagne, en tout une dizaine de pays ont été consultés pour constituer une force de 450 commandos qui pourraient d’abord se répartir au sein des Forces armées maliennes. Mais, constate encore Le PointAfrique, la plupart hésitent beaucoup à engager leurs soldats d’élite dans une guerre africaine, dans un projet qui peut apparaître bien fragile face aux attaques coordonnées des groupes armés terroristes. »

 Frédéric Couteau

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