À la Une: tristesse et colère au Mali

Tristesse et colère après l’attaque du camp d’Indelimane, près du Niger, dans le nord-est du pays. Attaque qui, faut-il le rappeler, a fait plus de 50 morts dans les rangs de l’armée malienne.

« Trop, c’est trop, s’exclame Le 22 Septembre. Après Boulkéssi et Mondéro, nous voici à Indelimane, dans le cercle d’Ansongo, avec les corps sans vie de nos soldats et des dégâts matériels importants. En l’espace d’un mois, nos Forces armées et de sécurité ont perdu une centaine d’hommes, partis défendre la patrie sur les théâtres d’opération dans le centre et le nord-est du pays. »

Alors que faire ? « (Le président) IBK est interpellé !, répond Le 22 Septembre. Il doit ici et maintenant s’assumer plus qu’hier, en changeant le commandement actuel, en redéployant sur le terrain les grands diplômés de l’armée, les hauts gradés, ceux qui ont fait les écoles de guerre en Russie, aux USA et en Europe. C’est une œuvre hautement stratégique, voire militaire pour conquérir l’opinion publique et emmener celle-là à accompagner davantage les FAMa, à les soutenir aujourd’hui plus qu’hier. Il urge de faire ce redéploiement pour rapprocher encore les hommes de rang des officiers. Ceux-ci doivent impérativement se rendre sur le terrain pour donner le bon exemple […]. Les FAMa ne doivent plus rester cloitrées dans un camp, et attendre les djihadistes venir les disperser, avant de se ravitailler en matériels de guerre. Cela est inacceptable ! »

« Notre salut est de prendre le taureau par les cornes et de ne pas prendre le taureau pour ses cornes, renchérit le site d’information malien Benbéré. L’audit est devenu incontournable de cette guerre devenue chaque jour plus létale pour nos troupes. Analyser nos vulnérabilités n’est pas souiller la mémoire des soldats tombés, mais se donner plus de chance de vaincre un adversaire difficile à vaincre certes mais loin d’être invincible. Il est temps, conclut Benbéré,d’interroger les postulats sous-tendant notre stratégie de guerre, afin que par la mobilité et l’option résolue pour l’offensif, l’installation des camps de l’armée sur le terrain de l’ennemi soit payante, au lieu d’être contre-productive. »

WakatSéra au Burkina Faso est sur la même ligne : « une chose est certaine, la lutte contre le terrorisme doit être repensée, surtout que le groupe Etat islamique n’est pas éteint (malgré la mort de son chef al-Baghadadi). Comme il vient de le faire au Mali, en revendiquant les attaques qui ont endeuillé les forces armées maliennes, Daech jettera sans doute ce qui lui reste comme forces dans la bataille. L’Afrique, et ses pays aux frontières poreuses défendues par des armées dotées du strict minimum, devient ainsi une cible parfaite. Que dire des pays comme le Burkina Faso et le Mali, qui, en plus des attaques terroristes difficilement contenues, sont frappées par des crises intercommunautaires […] ? L’urgence aujourd’hui pour l’Afrique, c’est d’éviter à tout prix que les terroristes -si ce n’est déjà le cas- fassent du Sahel leur sanctuaire. Conjugué avec le chaos libyen, ce serait le pire des scénarios pour le continent, et même pour le reste du monde. »

C’est dans ce contexte tendu que la ministre française des Armées, Florence Parly, a entamé hier une tournée au Tchad, au Burkina Faso et au Mali…

« Que faut-il en attendre ? », s’interroge Le Pays au Burkina. « Force est de reconnaître que six ans après l’intervention militaire française Serval qui avait contribué à réduire la voilure de la bête immonde, les attaques terroristes persistent dangereusement dans le Sahel si elles ne mettent pas en péril son existence. Et comme le dit l’adage, « quand on se confie à l’éléphant, c’est pour être à l’abri de la panthère ». Mais, pointe Le Pays, les populations ont le sentiment de vivre le contraire tant elles sont victimes d’attaques terroristes de plus en plus meurtrières, mettant ainsi à rude épreuve leur vivre-ensemble. Cela dit, il faut souhaiter que les propos tenus hier au Tchad par la patronne des armées françaises se traduisent en actes concrets […]. En tout état de cause, il faut prendre Florence Parly au mot, elle qui a réaffirmé haut et fort que « notre engagement au Sahel est et reste une priorité pour la France ». Gageons, conclut Le Pays, que cette priorité ne porte pas sur les ressources naturelles du Sahel, qui justifieraient la présence de la France dans cette partie de l’Afrique selon bien des anti-impérialistes, mais bien sur la sécurité des populations africaines. »

Rfi

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