Au Burkina Faso, l’Etat s’attaque au problème de l’orpaillage

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Au Burkina Faso, le gouvernement veut mettre de l’ordre dans l’exploitation artisanale de l’or, appelé communément « orpaillage ». Considéré comme la deuxième occupation de la population rurale après l’agriculture, l’artisanat minier occupe plus d’un million de personnes selon une enquête de l’institut national des statistiques et de la démographie publiée en 2017. La production est estimée à une dizaine de tonnes pour une valeur de 200 à 300 milliards de francs CFA.

Si la contribution de l’exploitation artisanale de l’or dans l’économie n’est pas à négliger, force est de constater que cette activité engendre de nombreux conflits sur le terrain. Secteur que le gouvernement veut assainir à travers l’agence nationale d’encadrement des exploitations minières artisanales et semi-mécaniser.

 Adama Gouya est consultant de l’organisation de renforcement des capacités de développement. « Vous avez des conflits entre les orpailleurs, puis entre orpailleurs et exploitants terriens. Il y a des conflits entre orpailleurs et autorités, soit le maire, les conseillers, les préfets puis encore des conflits entre orpailleurs et gérants des comptoirs ou encore bailleurs, celui-là qui a l’argent, qui finance ». Plus de six cent sites d’exploitations sont répertoriés dans le pays. Environs deux millions de personne travaillent dans ce secteur ce qui entraine des conflits liés au foncier.

Cyril Sawadodo est le président de l’Union nationale de travailleurs d’exploitations artisanale de l’or. « Avec les propriétaires terriens, nous avons des difficultés par ce que quand nous arrivons pour exploiter, ils disent que la terre appartient à leurs ancêtres, donc pouvoir s’implanter, il faut leur accord. Il y en aussi qui exagèrent. Si ton puits commence à produire très bien, alors ils veulent leurs parts aussi dans ce que nous produisons. »

La création de la menace permettra une meilleure organisation du secteur de l’orpaillage au profit des femmes également. En tout cas tel est les vœux de Madame Oumsaore, membre de l’Association des femmes du secteur minier au Burkina Faso. « Une année, j’avais voulu acheter un terrain sur la route de Loumbila, et le monsieur me demande dit clairement, tu n’as pas de mari ? J’ai dit oui, j’ai un mari, il dit envoie ton mari par ce que moi, je ne discute pas de terre avec les femmes. On s’est dit comme ça va être mieux organisé, les femmes pourront mieux s’exprimer dans cette activité d’orpaillage. »

Selon le président de l’Union nationale de l’exploitation artisanale de l’or, les lenteurs administratives dans les délivrances des autorisations conduisent souvent à l’exploitation dans la clandestinité.

Tous les acteurs de la filière souhaitent que l’Agence nationale d’encadrement des exploitations minières artisanales et semi mécanisées, contribuent à faire de l’exploitation minières et artisanale une activité mieux organisée.

Rfi avec Nord sud journal

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