Au Sahel, l’Etat Islamique peut-il affaiblir Al-Qaïda ?

Apparu sur le continent africain en 2015, l’Etat Islamique L’État islamique dans le Grand Sahara (parfois désigné par le sigle EIGS) est une organisation militaire et terroriste d’idéologie salafiste djihadiste, née le 15 mai 2015 d’une scission d’Al-Mourabitoune provoquée par l’allégeance d’un de ses commandants, Adnane Abou Walid Al-Sahraoui, à l’État islamique deux jours auparavant. Il a d’abord entretenu des relations cordiales avec AQMI. C’était « l’exception du Sahel ». L’Etat Islamique (EI) peut-il affaiblir Al-Qaïda ?

Cependant, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) apparu en 2007, il est un groupe armé et une organisation terroriste, d’idéologie salafiste djihadiste, née le 25 janvier 2007. Avant son allégeance à Al-Qaïda, elle était connue sous le nom de Groupe salafiste pour la prédication et le combat, un groupe algérien issu d’une dissidence du Groupe islamique armé.

Quand l’Etat islamique s’est implanté au Sahel, il a fait comme partout ailleurs: il s’est implanté avec des mouvements déjà présents – de la mouvance djihadiste ou pas. D’une certaine manière, il les a cannibalisés… Mais la première fois que l’Etat islamique revendique réellement une opération, c’est en 2019. Le processus a pris du temps. Et la cohabitation avec Al-Qaida dure jusqu’à ce que l’EI soit assez fort pour s’y confronter. Car Al-Qaïda négocie… Quand l’Etat islamique, lui, fait la guerre, et c’est tout. Au Sahel, les deux organisations qui se sont d’abord mutuellement tolérées sont aujourd’hui en concurrence ouverte, selon le journaliste Wassim Nasr.

Une exception qui semble aujourd’hui avoir fait long feu. On attend toujours la libération, que l’on disait imminente avant-hier, de l’humanitaire française Sophie Pétronin, enlevée il y a quatre ans dans le nord du Mali par des hommes armés que l’on suppose liés à Al-Qaïda. En échange de la promesse de sa délivrance, ont été relâchés ce week-end une centaine de djihadistes des prisons maliennes.

C’était la stratégie du président IBK, semble-t-il reproduite par le gouvernement de transition à Bamako : négocier avec Al-Qaeda au Maghreb Islamique. Et jusque-là, la France qui dirige l’opération Barkhane n’a rien trouvé à y redire.

Parmi les djihadistes libérés ce week-end au Mali, qui sont bien plus qu’une centaine d’après mes informations, il y a de tout. Des djihadistes plus ou moins importants, mais surtout des personnes qui gravitaient autour: ça peut être la personne qui a vendu sa moto à un djihadiste, ou qui leur a passé son téléphone, qui leur a prêté du matériel électronique, ou qui passait par là au moment d’une opération… C’est une prouesse de la part d’AQMI d’avoir obtenu la libération de tout le monde, explique le journaliste Wassim Nasr d’après France Culture.

Si les racines du groupe (AQMI) se trouvent en Algérie, sa zone d’opération actuelle correspond à la région du Sahel, qui borde au sud le désert du Sahara, dans ses parties mauritanienne, malienne et nigérienne. Il est également présent en Tunisie et en Libye et se maintient en Algérie dans les montagnes de Kabylie.

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