Banques : beaucoup de bruit pour rien !

Banques, Mali, finances, crise

Le Mali compte aujourd’hui 15 banques et trois institutions financières. Notre pays est parmi ceux de l’Afrique où les banques font « le plus de boucan », alors qu’elles n’apportent pas de grand confort à leur clientèle.

Au Mali, les banques poussent comme des arbres que l’on plante pour ensuite les arroser. Avec l’arrivée de l’UBA Bank, le pays en compte désormais 15 : Bank Of Africa Mali (BOA Mali), Banque Atlantique Mali (BAM), Banque Commerciale du Sahel (BCS-SA), Banque de Développement du Mali (BDM-SA), Banque de l’Habitat du Mali (BHM-SA), Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie au Mali (BICIM), Banque Internationale pour le Mali (BIM-SA), Banque Malienne de Solidarité (BMS-SA), Banque Nationale de Développement Agricole (BNDA), Banque pour le Commerce et l’industrie (BCI-Mali), Banque Sahélo-Saharienne pour l’Investissement et le Commerce – Mali (BSIC–Mali), Coris Bank International – Mali (CBI), Orabank Côte d’Ivoire, Succursale du Mali et 3 établissements financiers : Alios Finance (succursale du Mali), le Fonds de Garantie Hypothécaire du Mali (FGHMSA) et le Fonds de Garantie pour le Secteur Privé (FGSP).Bamako, la capitale, héberge la totalité de ces banques, même s’il y a aussi quelques agences dans les capitales régionales.

Du boucan juste pour attirer la clientèle ?

Ces banques, aussi nombreuses qu’elles soient, gagnent toutes leurs clients grâce à la publicité. En plus, elles viennent en aide aux opérateurs économiques et aux particuliers qui s’enregistrent chez elles en leur procurant des prêts à long ou à court terme, selon leurs besoins. « Oui, il y a l’aide qu’elles nous procurent mais le comment est la question qu’il faut se poser. La plupart d’entre elles ne font que du boucan au lieu de vraiment rendre service. Mon exemple est le concret. J’ai été obligé de demander à mon père de mettre les papiers de notre domicile familial à mon nom afin que je bénéficie d’un prêt au niveau d’une banque de la place, alors que j’avais toutes les qualifications, sauf la garantie pour le montant demandé. Cela n’a pas suffi, il a fallu beaucoup de transactions avant d’avoir l’argent ».

« Chaque banque qui vient s’installer fait du bruit pour se faire remarquer. Quand la BIM s’installait ici, à Tombouctou, elle a presque attiré tous les enseignants, abonnés aux autres banques, comme la BDM, la BNDA ou la BMS, en rachetant leurs prêts. Les gens étaient très contents, mais après ils ont été piégés. Les banques, c’est comme la France, pas d’amis, seulement des intérêts » s’indigne Ousmane Mallé, enseignant à Gourma Rharous, région de Tombouctou. A l’en croire, les banques font plus de publicité qu’elles ne rendent service. « Le rôle d’une banque est de vendre de l’argent. Elle a besoin de dépôts pour faire des prêts aux clients », explique un agent d’une institution financière. De ce fait, si la banque ne reçoit pas suffisamment de dépôts, il sera difficile pour elle de satisfaire les demandes. « On sait bien qu’il y a différents types de clients : les entreprises, pour les fonds de roulement, les particuliers, pour les prêts immobiliers, l’équipement, la consommation…

Alors, si vous êtes une entreprise et que vous voulez avoir de l’argent de la banque, on ne vous le donne pas directement. La banque vous demande par exemple d’amener le marché que vous avez gagné. Sur ce marché on vous donne une avance et le marché devient la garantie. La banque sert de conseiller aussi afin que les gens n’utilisent pas mal l’argent emprunté, car un mauvais investissement vous met dans le gouffre », défend Fajigui Keita, agent d’une banque de la place.

Variations selon les structures

Avec la rude concurrence, vu le nombre de banques, il y a des changements de tactiques. Les banques évoluent dans tous les domaines. L’exemple le plus palpable est celui de la BNDA, qui évoluait seulement dans le secteur agricole mais qui a jugé nécessaire de se diversifier. Aujourd’hui, elle est dans presque dans tous les secteurs de l’économie légale (transport, agro business…), pour ce qui est du taux directeur, variable. Il est aujourd’hui de 6%, alors qu’il y a quelques années, il allait de 9 à 12%. Fadjigui  Keita ajoute que la variation dépend des structures. « Si la police vient avec 1 000 agents et qu’elle demande à une banque un taux préférentiel de 5%, si elle refuse la police ira en voir une autre, qui peut-être acceptera. C’est la concurrence ! ».

Devant le siège de la BIM, nous avons rencontré un client. « Je ne comprends pas les gens. Dès qu’on leur dit prêt, ils sont prêts à s’engager, même si cela n’est pas rentable aujourd’hui. Toutes les banques ont les mêmes conditions (taux, intérêts, etc), mais les clients font des va et vient entre elles. Finalement, vous n’aurez plus de banques.

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