Coronavirus: l’Afrique face à la menace de l’épidémie

Trois cas de coronavirus sont confirmés en Afrique, vendredi 28 février. L’inquiétude monte concernant la propagation du Sars-CoV-2 sur le continent. Depuis janvier, l’OMS, avec les autorités des différents pays africains, prépare l’arrivée du virus. Dans le reste du monde, le bilan fait état d’environ 80 000 contaminés et plus de 2 800 morts.

Face à la propagation mondiale du nouveau coronavirus, l’Afrique, où « seulement » 3 cas en Égypte, Algérie et au Nigeria sont confirmés, se prépare à faire face à de potentielles nouvelles contaminations.

La propagation galopante en Europe du virus Covid-19 a rebattu les cartes. « Aujourd’hui on est dans une autre configuration car le foyer épidémique n’est plus qu’en Chine et donc les cas peuvent venir de partout », averti Mathias Altmann, chercheur épidémiologiste à l’Université de Bordeaux. « Les modélisations n’ont plus lieu d’être », rajoute-t-il. En effet, sur les trois contaminations détectées en Afrique, deux viennent de l’Italie.

Les nouveaux cas doivent-ils donc être traités comme de possibles nouveaux foyers de contamination ? « Pour chaque détection, notamment en Afrique Subsaharienne, où le système de santé est un peu faible, il faut vraiment que les cas soient détectés au plus tôt. Il faut remonter la chaîne, identifier les contacts potentiels et les suivre pour endiguer ou, en tout cas, ralentir la chaîne de transmission », répond Éric D’Ortenzio, médecin épidémiologiste à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

« Tous les pays en Afrique sont en mesure de dépister le Covid-19 »

« Depuis le début de cette épidémie, ce qui nous fait le plus peur, c’est l’arrivée du virus dans des pays avec des systèmes de santé faibles », explique le porte-parole de l’OMS. « Il faut que les capacités de diagnostic soient très fortes, que tous les pays soient équipés et que les biologistes soient formés au niveau de chaque pays », préconise Eric D’Ortenzio. Il suggère également de décentraliser le diagnostic au niveau des laboratoires hospitaliers pour accélérer la prise en charge des nouveaux et les mesures d’endiguement.

Depuis le mois de janvier, l’Organisation mondiale de la santé aide les pays africains à faire face à une arrivée de coronavirus sur leur territoire. « Maintenant, tous les pays en Afrique sont en mesure de dépister le Covid-19 », rassure Tarik Jasarevic, porte-parole de l‘OMS. Un kit de dépistage a été préparé et, même s’il n’y a pas de traitement précis pour combattre le Covid-19, un ensemble de médicaments pour traiter les symptômes a également été distribué.

Les différents laboratoires des États de la Cédéao se sont retrouvés pour être formés au dépistage jeudi 27 février. Au programme : approfondissement des connaissances sur le coronavirus et mise en pratique des moyens de lutte. Il était également question de mettre en place un réseau pour lutter plus efficacement contre l’épidémie. Mais pour Abdourahmane Sow de la Cédéao, « la prise en charge des cas confirmés reste un problème. On doit pouvoir travailler dans ce sens-là pour améliorer l’existant et améliorer les conditions de prises en charge des cas ».

Au Nigeria, les autorités précisent que des centres de quarantaine sont prêts à Lagos et Abuja. Des laboratoires de détection du virus sont aussi présents dans plusieurs villes du pays. Mais l’inquiétude demeure car si les pays sont prêts à détecter le virus, ils ne sont pas forcément capables de gérer un grand afflux de malades. Il y a un « besoin de soutien matériel pour mieux équiper tous les niveaux de la chaîne du système de santé », estime Éric D’Ortenzio.

L’expérience de la lutte contre Ebola

L’expérience de la lutte contre Ébola sera favorable à celle contre le coronavirus, notamment car certains dispositifs sont déjà en place et les personnels de terrains connaissent les plans d’action. « En Afrique de l’Ouest, les pays ont été renforcés sur la capacité à gérer une crise épidémique », mais les experts restent prudents, « il faut bien comprendre que là, on est face à deux virus avec une transmission qui est différente », rappelle Éric D’Ortenzo.

Entre un virus qui se transmet par « contact avec des fluides » comme Ébola et un coronavirus dont la contamination se fait par voie aérienne, la lutte contre la propagation n’est pas la même. Et « les pays africains sont moins expérimentés sur un virus à transmission respiratoire que sur des virus à transmission par fluides ou hydriques », analyse le chercheur à l’Inserm.

Certes, le continent doit faire face à un manque de moyens, mais le principal objectif pour l’avenir est de « maintenir la confiance », estime Mathias Altmann. « On a vu notamment dans la crise provoquée par Ebola, que tant qu’on était dans des mesures coercitives et un manque de confiance avec la population, on n’arrivait pas à résoudre le problème. »

Rfi

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