Côte d’ivoire : Ouattara, un grand acte de leadership mais qui reste à confirmer sans trahir !

La décision d’Alassane Ouattara de ne pas se représenter à un troisième mandat montre à quel point les constitutions et de façon générale les institutions sur le continent sont dépendantes de la seule volonté des chefs d’Etat.

Alassane Ouattara aurait annoncé qu’il se représentait que tous se seraient mis à son service servilement. Que la communauté internationale aurait été balbutiante et accommodante.

C’est pourquoi il faut saluer l’acte courageux du président Ouattara pour avoir refuser de continuer, parce que cela ne dépendait que de lui.
C’est un acte de leadership qu’il vient de faire. Peu importe tout ce qui peut être considéré comme faits dissuasifs.
L’entêtement illégitime est aussi une marque déposée qui existe en Afrique.
L’hérésie actuelle du président guinéen, Alpha Conde, en est une illustration. Pour ce dernier, il faudrait lui souhaiter plus de sagesse afin qu’il puisse dans un ultime sursaut d’amour propre prendre de la graine chez son jeune frère ivoirien.

Quand à Ouattara, l’acte digne d’un ’homme d’État, ne suffirait pas à lui donner la gloire d’entrée dans l’histoire à grande enjambée s’il ne permet pas à la démocratie de fonctionner réellement dans son pays. Ceci en évitant ou arrêtant de contorsionner le cours des choses, de s’ériger en faiseur de roi ou en dérouleur du tapis. Ni contre Pierre ni pour Paul.

Son pari de « transférer le pouvoir à la jeune génération » est une belle résolution porteuse d’une grande vision d’avenir pour le pays.
Mais il faut tâcher que cette vision ne soit un programme de liquidation de sa génération à lui et de tous ceux qui ne feraient pas partie ou qui ne seraient pas les élus dans « sa jeune génération ».
Après « l’ivoirité » comme mode politique ségrégationniste, il ne faudrait pas insuffler le fait générationnel comme justification d’un mode d’exclusion politique.
Alassane Ouattara devrait se donner le rôle de père de la reconstruction, de la réconciliation et de la démocratie ivoirienne: rester l’arbitre central du jeu en veillant à l’équité, l’égalité, la justice et la liberté pour tous les fils de la Côte d’Ivoire engagés en politique et désireux de conquérir le pouvoir d’Etat en 2020.
C’est à cette condition qu’il aura fait le plus grand bien à son pays, donnerait un sens à son acte et mériterait de rentrer à jamais au panthéon du peuple ivoirien.

Journaliste -éditorialiste

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