Côte d’Ivoire : Simone Gbagbo « Il n’y aura pas d’élections en Côte d’Ivoire »

L’ex-première Dame de Côte d’Ivoire dénonce les conditions de préparation de l’élection. Elle accuse Alassane Ouattara de violer la Constitution. Dans l’interview accordée à la DW, Simone Ehivet Gbagbo, ex-première Dame de Côte d’Ivoire et deuxième vice-présidente du Front populaire ivoirien (FPI), affirme qu’il n’est pas question que les Ivoiriens laissent le président Alassane Ouattara « piétiner » la Constitution.

Elle explique aussi pourquoi elle ne s’est pas présentée à l’élection dont la date est fixée au 31 octobre 2020.  

Selon elle, Cette candidature est anti-constitutionnelle. Et Monsieur Alassane Ouattara le sait, ne vous en faites pas ! Il le sait. Lui même l’avait dit, qu’il ne peut pas briguer un troisième mandat et les Ivoiriens ont applaudi à cette époque-là. Parce que les Ivoiriens, qu’est-ce qu’ils veulent ? Ils veulent tout simplement que notre Constitution soit respectée. Il faut que nous devenions un Etat de droit. Et quand cela n’est pas fait, les Ivoiriens protestent ! Les Ivoiriens descendent dans les rues et c’est ce qu’ils ont fait. Et c’est ce qu’ils vont continuer de faire. Parce qu’il n’est pas question que nous laissions notre Constitution piétiner. Il n’en est pas question ! Pendant des années, nous avons souhaité que nous nous asseyions, que nous discutions des règles qui organisent des élections en Côte d’Ivoire. Ils n’ont jamais voulu. C’est le déficit de dialogue en Côte d’Ivoire qui crée les problèmes que nous vivons là.

Beaucoup de personnes à Abidjan pensaient que vous même alliez être candidate à ce scrutin d’octobre. Que s’est-il passé exactement ?

Il faut progresser étape par étape et faire dans le moment, ce qui doit l’être. En ce moment-ci, ce qui doit être fait, ce n’est pas que moi je sois candidate ! Ou que tel autre du FPI soit candidat. Pour moi, ce n’est pas ça qui est l’essentiel. Pour moi, ce qui est essentiel, c’est que nous puissions ensemble, organiser des élections vraiment inclusives. Que nous puissions sauver la démocratie dans notre pays. C’est ça qui est important. Tant que cela n’est pas fait, aller à des élections pour aller valider la candidature ou le succès de quelqu’un qui est dans l’illégalité ne ferait que faire reculer la démocratie dans notre pays. Et donc je ne suis pas candidate, d’une part parce que je considère que les conditions ne sont pas réunies.

Deuxièmement, le jour où je voudrais aller à des élections, je vais m’adresser à mon parti et puis c’est le parti qui va décider. Ce que j’affirme, c’est que dans les conditions actuelles, nous ne pouvons pas aller à des élections et nous n’irons pas à des élections. Ca c’est clair. Nous n’irons pas à des élections et il n’y aura pas d’élections en Côte d’Ivoire dans ces conditions.

Dw.com

Lire aussi

Mali : Attentats de Bamako en 2015, les 2 jihadistes accusés sont condamnés à mort...

Deux jihadistes mauritanien et malien ont été condamnés à mort mercredi 28 octobre par la justice malienne pour avoi...

Mali : Prochaine présidentielle, les forces et les faiblesses des 5 favoris potentiels !...

La libération de Soumaila Cisse, président de l’URD, rebat les cartes des élections présidentielles normalement pr...

L’armée algérienne dénonce le « deal » pour libérer les otages au Mali...

L’arrestation cette semaine de l’un des djihadistes libérés récemment par le pouvoir malien a mis en col...

Mali : plusieurs éléments de l’EIGS abattus et des armes détruites dans le cercle d’Ansongo...

L’Etat Islamique au Grand Sahara (EIGS) semble de plus en plus isolé. Outre les revers que ses éléments subissent f...