Cour d’assises : Un combattant du Mujao écope de cinq ans d’emprisonnement

Mujao

La Cour d’assises de Bamako à son audience du 4 décembre 2018 a condamné Mohamed Touré accusé d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, détention d’arme en relation avec une entreprise terroriste et association des malfaiteurs à 5 ans d’emprisonnement.

« Votre  comportement est grave », attaque le procureur Samaké. L’accusé, le visage renfrogné, exprime ses regrets : « J’ai honte d’appartenir au Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest  (Mujao) ». Mohamed Touré, jeune commerçant, a adhéré au Mujao en 2012. Selon le président de la Cour, dans ce groupe, M. Touré a combattu l’armée malienne et les institutions.

La Cour d’assises reproche à l’accusé d’avoir détenu une arme sans autorisation et milité pour une entreprise terroriste. L’accusé reconnait avoir adhéré à cette organisation terroriste mais nie avoir tiré sur des membres de l’armée malienne. « J’ai accepté d’adhérer au Mujao pour combattre le Mouvement national pour la libération de l’Azawad pour me venger contre ses atrocités et agressions contre mes parents », avoue l’accusé.

Le procureur de rappeler qu’il a été arrêté lors d’un raid de la force de Barkhane dans la zone d’Almoustarat. Au cours de cette opération, sept membres du Mujao ont trouvé la mort et deux autres ont été capturés.

« Qu’est-ce que vous faisiez avec le Mujao » ? demande le président de la Cour. « Je préparai seulement du riz pour eux, je n’ai jamais participé aux combats ». Dans sa plaidoirie, Me Mariam Traoré affirme que ce procès ne concerne que son client, la Cour doit insister sur sa participation dans la commission de l’infraction. « Monsieur le président mon client  est constant », il n’a participé à aucune  mission  contre la population », insiste son avocate.

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Dans sa réquisition sur la peine, le procureur anti-terroriste, requiert  l’application de la loi. « La loi portant répression de terrorisme prévoit en cas de détention d’arme en relation avec une entreprise terrorisme, la réclusion à perpétuité ».

Me Traoré, l’avocate de la défense, réplique et met l’accent sur la personnalité de son client. « Vous avez un délinquant primaire, vous lui avez accordé le bénéficie des circonstances atténuantes, condamnez-le au temps de la détention ».

La cour, après délibération, condamne l’accusé à  5 ans d’emprisonnement. Mohamed Touré, placé sous mandat de dépôt depuis 4 ans, ne fera qu’un an d’emprisonnement.

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