DÉCOUPAGE TERRITORIAL: Gao dans l’impasse

Étant donné que les concertations régionales n’ont pas pu se tenir à Gao, chaque communauté a présenté ses propositions propres au gouvernement. Les représentants devaient ensuite venir à Bamako suivre leurs dossiers, mais, à la dernière minute, cette décision a été annulée. La tension a monté d’un cran.

La semaine dernière, le bureau régional de la Minusma a tenu une série de rencontres avec les communautés de Gao pour stabiliser la ville et trouver un compromis entre elles et le gouvernement. « La série de rencontres initiée par la Minusma avec les différentes parties a pour but de recueillir  les avis de la  société civile, des notables de Gao, de l’équipe régionale de réconciliation et des groupes armés d’autodéfense et va se poursuivre afin de proposer ses bons offices de sortie de crise »,  explique Kadata Alousseini, chargé des affaires politiques à la Minusma.

 Imposer

Cette crise est née à la suite des concertations régionales sur la réorganisation territoriale proposée par le gouvernement, dont les représentants des populations n’ont pas voulu qu’elles se tiennent dans leur ville. « L’État veut nous imposer un découpage territorial à travers des concertations dans lesquelles nous ne nous retrouvons pas », dit Chaka Kantao, de la société civile de Gao. Toutes les communautés de Gao ont rejeté le projet du gouvernement et ont fait de leur côté des propositions au gouvernement pour la réorganisation de leur terroir. Pour continuer à suivre les documents transmis, des représentants de la population devaient se rendre à Bamako pour y rencontrer les médiateurs dans la crise malienne et les membres du gouvernement. À la dernière minute, le gouverneur a annoncé aux représentants des communautés de Gao que le voyage sur Bamako était annulé. « Le gouverneur a souhaité la tenue de rencontres du cadre de concertation de la ville pour faire de nouvelles propositions avant de se rendre à Bamako. Les représentants de la société civile ont refusé de rediscuter leurs propositions avec le gouverneur », dit Djibril Diallo, chef d’État major du CMFPR I. La réaction des groupes d’autodéfense ne s’est pas faite attendre. Les CMFPR I, II et III, ainsi le MAA, qui avaient assiégé la salle de conférence du gouvernorat pendant une semaine, ont réaffirmé leurs positions.

Le 17 novembre, l’armée a tenté de déloger les combattants des groupes armés mais y a renoncé à cause de leur popularité. « C’était bel et bien une tentative de l’armée de nous déloger. Sinon, pourquoi se rapprocher des nos positions ? », s’interroge Abdoulaye Touré du CMFPR I. A fin de baisser la tension, le 18 novembre dernier, au matin, le gouverneur a annoncé au cadre de concertation, les jeunes, les responsables des groupes armés sédentaire ainsi que la société civile qu’il retire sa proposition et a demandé en même temps aux groupes d’autodéfense de libérer les abords du gouvernorat et la salle de conférence. Les groupes armés ont fini par libérer les lieux, mais insistent sur la prise en charge de leurs revendications alors que le voyage des représentants de la société civile n’a toujours pas été tranchée et Gao ne sait pas quel sort sera réservé à ses propositions. En attendant, les groupes d’auto-défense s’érigent en défenseurs de la population au grand dam de l’administration malienne.

Ibrahim M Maiga

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