Devant le tribunal de Tokyo, Carlos Ghosn se dit « accusé à tort »

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Ce mardi, le président de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi comparaissait devant le tribunal de Tokyo, à sa demande. Pour sa première apparition publique depuis son arrestation le 19 novembre, Carlos Ghosn s’est dit « accusé à tort et injustement détenu ».

Une chemise blanche, un costume sombre, pas de cravate, c’est un Carlos Ghosn apparu amaigri, mais combatif, qui s’est présenté ce mardi 8 janvier devant le tribunal de Tokyo (Japon). Son discours a été simple. Le président de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi nie toute malversation.

« J’ai toujours agi avec intégrité, et n’ai jamais été accusé d’aucun acte répréhensible au cours de ma carrière professionnelle longue de plusieurs décennies, a déclaré Carlos Ghosn, selon l’agence Bloomberg et le Wall Street Journal. J’ai été accusé à tort et injustement détenu sur la base d’allégations sans fondements ».

C’est la première déclaration publique de Carlos Ghosn depuis son arrestation, le 19 novembre, à la descente de son jet privé, sur l’aéroport de Tokyo. Organisée suite à sa demande, en vertu de l’article 34 de la constitution japonaise, cette audience doit notamment permettre à Carlos Ghosn d’avoir pleinement accès au dossier, et aux faits qui lui sont reprochés. Arrivé menotté, avec une corde nouée autour de la taille, le président de l’Alliance s’est ensuite exprimé sans menotte, face à deux policiers.

« J’ai agi avec honneur »

Dans une prise de parole d’une dizaine de minutes, Carlos Ghosn a employé des arguments très forts, afin de prouver qu’il n’avait pas dissimulé de rémunérations aux administrateurs de Nissan, ni engagé la société à couvrir des pertes personnelles, comme il lui est reproché.

« Contrairement aux accusations des procureurs, je n’ai jamais reçu d’indemnité de la part de Nissan, ni révélé, ni conclu de contrat contraignant avec Nissan, visant à recevoir un montant fixe non divulgué », a expliqué Carlos Ghosn, comme le rapporte une note de sa déclaration devant la cour.

« J’ai agi avec honneur, légalement et avec la connaissance et l’approbation des dirigeants de la compagnie, peut-on également lire dans la note de sa déclaration à la cour. Pour moi, le test est le ‘test de décès’: si je décédais aujourd’hui, mes héritiers pourraient-ils exiger que Nissan verse autre chose que mon indemnité de retraite? La réponse est un ‘non’ sans équivoque ».

Carlos Ghosn a également rappelé avoir dédié « deux décennies de sa vie à relever Nissan et bâtir l’alliance ». L’ancien PDG de Nissan et toujours PDG de Renault a par ailleurs joué la corde sensible, rappelant que quatre autres constructeurs, dont Ford et General Motors, avaient essayé de le débaucher, mais qu’il était resté fidèle à Nissan, et à l’Alliance.

Carlos Ghosn s’est également défendu dans ses relations avec un homme d’affaires saoudien, Khaled Juffali. « La société Khaled Juffali a été indemnisée de manière appropriée -un montant divulgué et approuvé par les agents compétents de Nissan- en échange de ces services essentiels dont Nissan a largement bénéficié », a ainsi expliqué Carlos Ghosn devant le tribunal. Ce point, apparu fin décembre, semble au coeur des dernières investigations de la justice japonaise.

Un risque de fuite, selon le juge

Face au président de l’Alliance, le juge présidant l’audience, Yuichi Tada, s’est montré inflexible. Il a ainsi justifié le maintien en détention prolongé de Carlos Ghosn par un risque de fuite, et de possibles dissimulations d’éléments de preuves. Selon la correspondante du New York Times au Japon, l’un des avocats de Carlos Ghosn, Go Kondo, a réfuté ses risques, expliquant qu’en tant que président de Renault, Carlos Ghosn est « largement connu » et qu’il « lui est donc difficile de s’échapper ».

Le juge a également rappelé les différents soupçons pesant sur Carlos Ghosn, ce dernier n’ayant pour l’instant été inculpé que sur l’un des volets de l’affaire: une possible dissimulation de revenus, survenue entre 2010 et 2015. La question des appartements au Brésil et au Liban, mise sur le devant de la scène dès l’arrestation de Carlos Ghosn, ne semble en revanche pas avoir été évoqué. Les avocats du grand patron sont eux entrés plus dans les détails du dossier, afin de connaître tous les chefs d’accusation reprochés à leur client.

L’audience s’est achevée vers 12h15, heure locale. La détention de Carlos Ghosn est-elle pour l’instant prévue jusqu’au 11 janvier, c’est-à-dire ce vendredi.

bfmtv

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