[Education] Mali : vers une année blanche inévitable ?

Les huit syndicats signataires du 15 octobre 2016 ont déposé encore un nouveau préavis de grève avec rétention de notes sur la table du gouvernement ce 21 février 2019. Cette succession de suspension de travail crée le doute sur le bon déroulement de l’année  académique en cours.

« Les syndicats de l’éducation bien que disposés au dialogue se réservent le droit d’observer une grève de quinze jours soit 360 heures.. », peut-on lire sur une lettre adressée à Madame le ministre du travail, de la fonction publique, chargé des relations avec les institutions, dont Nordsud journal a reçu une copie.

Cette fois -ci,  les huit  syndicats envisagent 360 heures de grève soit 15 jours en trois phases : du 11 au 15 mars, du 18 au 22 mars et du 1er au 15 avril 2019. La rétention des notes a un effet immédiat, c’est –à dire elle prend effet juste après le dépôt du préavis, selon la lettre.

Double crainte d’une année blanche

Fatouma Sow est élève en classe de terminale. Elle est venue à Bamako cette année pour passer son baccalauréat.  Elle s’est inscrite  au complexe scalaire privé « Mali univers ». Très disponible pour ses cours, malheureusement cette année, la série de grèves l’affecte. «  Ce matin on nous a fait sortir pendant que j’étais en plein exposé », regrette-t-elle. Elle s’inquiète pour l’année en cours. « Oui je crains beaucoup qu’elle ne soit blanche. Si ce n’est pas les enseignants ce sont les élèves qui sont en grève.  On nous a fait sortir deux fois, cette année », lance-t-elle d’un ton pitoyable.

Même inquiétude du coté de cératines Associations des parents d’élèves APE . Sadou Yattara est membre du bureau de l’APE du complexe scolaire Cheick Modibo Diarra de Bamako. Pour lui  «  je ne peux pas dire qu’on achemine vers une année blanche. Mais ça fait partie des craintes. Il faut craindre.  Déjà l’année est perturbée. Cette succession de grève a des conséquences néfastes sur la formation des enfants notamment, le rabais de la formation, le retard ou non épuisement du programme… », dit-il .Selon lui, l’employeur doit écouter les grévistes. « La grève est un droit. On va en grève quant l’interlocuteur refuse d’écouter »,  ajoute-t-il.

 A lire aussi : Grève des enseignants:  « d’autres préavis sont déjà rédigés » 

La tension des enseignants ne baisse pas face au gouvernement dont ils pointent du doigt «  la mauvaise foi ». Cette année ils ont décidé d’aller au bout. Ils exigent à l’Etat la mise en application de  10 points. L’octroi d’une prime de logement, de documentation, l’adoption immédiate du projet de loi portant plan de carrière du personnel enseignant secondaire, de l’enseignement fondamental, de l’éducation préscolaire et fondamental entre autres…

Depuis le début de l’année scolaire 2018-2019, les syndicats signataires du 15 octobre de l’éducation observent une succession de grève.

 

 

 

 

 

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