Election présidentielle : Début d’une campagne de tous les dangers  

Aeroport de Bamako, le 5 juin 2018. Le ministre malien de l'Administration territoriale Mohamed Ag Erlaf dévoile la nouvelle carte d'électeur biométrique qui sera utilisée pour la prochaine élection de juillet. © Michele CATTANI / AFP
Aeroport de Bamako, le 5 juin 2018. Le ministre malien de l'Administration territoriale Mohamed Ag Erlaf dévoile la nouvelle carte d'électeur biométrique qui sera utilisée pour la prochaine élection de juillet. © Michele CATTANI / AFP
Aeroport de Bamako, le 5 juin 2018. Le ministre malien de l’Administration territoriale Mohamed Ag Erlaf dévoile la nouvelle carte d’électeur biométrique qui sera utilisée pour la prochaine élection de juillet.
© Michele CATTANI / AFP

La campagne pour la présidentielle malienne a officiellement démarré ce samedi. Vingt-quatre candidats sont en lice et tenteront de convaincre les 8 millions d’électeurs. A moins d’un mois du premier tour de l’élection, prévu le 29 juillet, les premiers tracts ont commencé à être distribués, les premiers meetings organisés et les programmes de chaque candidat détaillés.

Ils ont vingt-et-un jours pour convaincre les huit millions d’électeurs. Les deux poids lourds de cette campagne, le président sortant Ibrahim Boubacar Keita et Soumaila Cissé, chef de file de l’opposition vont lancer leur campagne ce dimanche 8 juillet. Le stade de 26 mars, 50 milles places, est le lieu choisi par l’équipe de campagne d’IBK pour lancer ses activités, alors que Soumailla Cisse lui opte pour le Boulevard de l’indépendance.

Programme

« Le président Ibrahim Boubacar Keita était ce matin chez les notables de Bamako et cet après-midi, nous allons participer à un meeting », annonce Mahamadou Camara, membre de l’équipe de campagne du président sortant. « Notre candidat est le favori, mais on doit attacher la ceinture pour défendre son bilan et présenté son programme aux électeurs ».

Côté organisation du scrutin, il faudra accélérer la distribution des cartes d’électeurs, ralentie par la grève des préfets et sous-préfets la semaine dernière. A ce jour, « le taux de retrait des cartes d’électeurs est entre 37 et 42% selon les régions. Tout ce passe », affirme Mohamed Ag Erlaf, ministre de l’administration territoriale à Nord Sud journal. Le ministère de l’Administration du territoire envisage même, de chômer deux jours pour permettre à tous de retirer sa carte. Le matériel électoral devra également être acheminé vers tous les bureaux de vote, transport assuré par avion en partie par la Minusma.

Enfin, il faudra mettre en pratique la nouvelle loi électorale, adoptée en avril dernier. Parmi ses innovations et contre la fraude électorale, l’article 83 qui permet à la majorité et à l’opposition de proposer des assesseurs dans chaque bureau de vote. Légalement, les partis politiques ont encore une semaine pour les sélectionner. Sans cela, c’est le représentant de l’État qui désignera des remplaçants.

A Tombouctou notamment, la société civile se réunit régulièrement afin de prendre part au processus électoral. Des formations organisées par la Minusma, la Mission de maintien de la paix des Nations unies, doivent les préparer à leur rôle d’observateurs.

Une campagne électorale sous haute sécurité

Environ 11 000 personnes des forces de sécurité sont mobilisées pour l’organisation du scrutin. Certaines seront chargées de protéger les 24 candidats. Le pays est vaste, il fait 1,2 millions de kilomètres carré et se déplacer, surtout au nord et au centre, revient souvent à marcher sur des œufs.

Mais la protection offerte par l’Etat malien aux candidats ne suffira pas à certains endroits. Plusieurs candidats interrogés par RFI comptent par exemple sur la mission de l’ONU au Mali, la Minusma, pour se rendre dans des localités du nord et même du centre comme Kidal, toujours aux mains des ex-rebelles, Gao ou encore Koro et Bandiagara. Dans ces cas de figure, les mêmes candidats interrogés comptent sur la présence des forces internationales pour leur sécurité.

L’autre groupe de candidats va opérer par stratégie. Exemple : ne pas prévenir trop à l’avance de leur arrivée. Outre les forces de sécurité nationale et internationale, certains candidats auront également leur propre service de sécurité. On verra par exemple derrière des prétendants au fauteuil présidentiel, de gros bras, talkie-walkie en main, certains sont d’anciens militaires ou d’anciens policiers. Ils sont toute une équipe derrière chaque candidat, ayant signés fermement un contrat.

Nord sud journal avec Rfi

 

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