Fête du nouvel an à Tombouctou : des feux d’artifice et rafales des apprentis djihadistes

La célébration du réveillon du jour de l’an, le 31 décembre, se serait-elle incrustée dans les mœurs à  Tombouctou ? Elle y ressemble de plus en plus à une fête nationale. Presque toutes les familles la célèbrent à leur façon et les places publiques sont préférées par la grande majorité des tombouctiens, malgré l’insécurité.

En dépit de l’insécurité qui prévaut dans la localité, les populations de la ville des 333 Saints  se sont adonnées aux préparatifs de leur 31, pour désigner la  fête du jour de l’an. Malgré les consignes, elles n’ont  pas voulu  rester en marge du nouvel an. Pour cela, il fallait commander son costume et s’assurer qu’il serait bien là la nuit du 31. Programme de la soirée : un diner organisé  dans la famille où l’on se réunit  autour du plat pour  manger  en groupe, avec au menu du  poulet accompagné de  pommes de terre frites. Chacun est prêt à casser sa tirelire car, quel que soit le prix du poulet, aucune famille ne veut s’en passer. Cette année, le poulet s’est vendu 8 500 FCFA  l’unité, ce qui n’a aucunement été un problème en soi pour les consommateurs, comme l’atteste Abdrahamane. Pour faire face aux dépenses de la fête, les jeunes, garçons et filles, se cotisent. La fête proprement dite  commence sur les coups de  21h, heure à laquelle on  mange avant de sortir pour la fête populaire.

Retrouvailles

 À chacun son point de rendez-vous, car sur les différentes places publiques sont organisées des activités festives. Cette année, le lieu le plus prisé  était l’annexe de l’hôtel Auberge du Désert, où s’est tenu  un concert offert par l’association Timbuktu renaissance. Au rendez-vous, deux artistes de renom régional, Baba Djiré et Ousmane Diallo dit Lodia. Un concert gratuit où s’est retrouvée la majeure partie de la jeunesse, pour chanter et danser pour accueillir  2019. Autre place où l’ambiance a battu son plein, l’espace culturel le Marado, où  diner et musique traditionnelle étaient au rendez-vous. Quant  au quartier Koyratao,  il a abrité une pièce de théâtre pour dénoncer l’enrôlement des jeunes dans les groupes armées. Pour Elhadj Djitteye de Timbuktu renaissance, c’est une nécessité pour la jeunesse de Tombouctou de se retrouver pour fêter ensemble. Selon lui, « les jeunes doivent sortir pour dire non à la peur ». Présentant ses vœux, Mohamed Ibrahim Yattara soulignera : « le Mali est aujourd’hui à un tournant de son histoire et c’est à la jeunesse de faire la révolution du non engagement dans les groupes armés et d’aller vers la paix, l’entente, la cohésion sociale, la lutte contre l’extrémisme violent. Les guerres naissent dans le cœur des hommes et c’est dans le cœur des hommes qu’elles doivent prendre fin ». Partout où nos équipes sont passées, la fête battait son plein et il y avait des chants et de la danse.

Quelques rafales  À 23h 59mn, la musique s’est momentanément interrompue pour faire  place aux tonalités du « countdown », accompagné  de cris de joie et des feux d’artifice qui étincelèrent dans  le ciel. C’est dans cette ambiance que les Tombouctiens (noirs et blancs, jeunes et moins jeunes, femmes et hommes) se sont  souhaité une bonne et heureuse année en se donnant la main, en s’embrassant et riant ensemble pour dire qu’il n’y a aucune différence ni divergence entre fils de la Ville des 333 Saints. Aucun incident ne fut heureusement noté, à part quelques mécontents apprentis djihadistes qui ont tiré quelques rafales en l’air, sous l’effet peut-être de la nostalgie de 2012, avant de disparaître comme ils étaient venus.

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