France : la classe politique française divisée sur le message d’Emmanuel Macron aux Libanais

Un « profond changement » et des « réformes », voilà ce qu’a demandé Emmanuel Macron au gouvernement libanais. Le président français s’est rendu à Beyrouth jeudi 6 août, deux jours après la double explosion qui a détruit une partie de la ville et fait 137 morts et 5 000 blessés. Le ton ferme et l’attitude d’Emmanuel Macron ont été dénoncés par une partie de la classe politique française.

« Un one-man-show arrogant, moralisateur et indécent ». Sur Twitter, Jordan Bardella, le vice-président du Rassemblement national, ne mâche pas ses mots. Il n’a pas apprécié les images d’Emmanuel Macron déambulant dans les rues ravagées de Beyrouth, serrant les mains de Libanais en pleurs et leur promettant qu’il allait demander à leurs dirigeants des changements en profondeur. « Le soutien de la France au peuple libanais dans cette tragédie ne se discute pas », écrit encore l’eurodéputé…

Même réaction du côté d’Europe-Écologie-Les Verts (EELV). « La solidarité avec le Liban doit être inconditionnelle », estime le patron des Verts, Julien Bayou. Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, pour sa part, met en garde contre toute ingérence française dans la vie politique libanaise et dénonce le « sentiment de toute-puissance » d’Emmanuel Macron.

« C’est ce que demandent les citoyens libanais »

Des critiques qui énervent Raphaël Glucksmann. Pour l’eurodéputé de gauche, le président français a bien fait d’exiger des réformes. « C’est ce que demandent les citoyens libanais », écrit-il. Un avis partagé par le député socialiste Boris Vallaud, lui-même né à Beyrouth : « Il faut être exigeant avec le gouvernement libanais, même à certains égards, dur », a-t-il expliqué sur Europe 1.

Si le propos d’Emmanuel Macron est ferme, son message reste conforme à celui que la communauté internationale adresse aux dirigeants libanais depuis des années, en préalable à toute aide financière, analyse Nicolas Falez, du service international de RFI.

Le pari de Macron

Car ni le mouvement de contestation historique qui a éclaté dans le pays en octobre dernier ni l’accélération du naufrage économique ces derniers mois n’ont débouché sur des réformes. Malgré la nomination d’un nouveau gouvernement début 2020, le Liban apparaît toujours paralysé par son système confessionnel inefficace et gangrené par la corruption.

Depuis mardi et la terrible explosion survenue sur le port de Beyrouth, la situation du pays s’est encore dangereusement aggravée. Dans ce chaos, Emmanuel Macron espère un réveil de la classe politique libanaise. C’est un pari et il annonce d’ores et déjà qu’il reviendra dans ce pays meurtri le 1er septembre prochain pour faire un point d’étape.

Rfi

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