Gao : « de 2012 à maintenant, 509 cas des violations des droits humains ont été documenté »

La région de Gao connaît fréquemment des piques des tensions communautaires, mais à côté de cette situation, les violations des droits de l’homme sont permanentes et passent souvent inaperçues à cause de la psychose qui règne dans la région.  Ibrahim Harouna Touré, Coordinateur régional de l’observatoire des droits humains et de la paix à Gao explique à Nord sud journal la situation des droits de l’homme dans la région.

Nord sud journal : quel est la situation des droits humains à Gao ?

Ibrahim Harouna : chaotique ! A cause de l’insécurité dans la région, il y a des assassinats ciblés ou non ciblés, des séquestrations des individus,  des menaces de mort,  des intimidations,  des destructions des biens publics et privés …De 2012 à maintenant, 509 cas des violations des droits humains ont été documentés, 28 seulement ont été déposés au tribunal de Gao. J’avoue qu’au jour d’aujourd’hui, aucune enquête n’a été ouverte par rapport à ces violations des droits de l’homme. Ce qui est inquiétant en plus.

Est-ce que vous pouvez nous citer quelques-uns des cas des violations des droits humains dans votre région ?

Il y a quelques jours, des parents de victimes venant du cercle d’Almoustrat nous ont fait état de séquestrations, 28 personnes par un groupe armé. L’information a été donnée par six d’entre eux qui ont pu s’échapper. Dans le cercle d’Ansongo, sur la ligne Ansongo – Ouattagouna, chaque semaine des personnes perdent leur vie ou leur bien. La semaine dernière, nous avons révélé le cas d’un enfant maltraité par l’armée et suite à cela il a perdu un bras.

Est-ce que c’est un phénomène courant  dans la région ?

Par rapport à cet enfant spécifiquement, j’ai  mis mon équipe sur cette affaire pour en savoir d’avantage. A la date d’aujourd’hui je peux dire que cet enfant est bel et bien à l’hôpital et que son bras a été amputé, suite à un traitement inhumain. Le Mali a ratifié des instruments juridiques pour protéger les enfants dans son cas, mais ceux qui ont arrêté cet enfant n’ont pas respecté ces droits.

Les associations des droits humains travaillent dans des conditions difficiles… La situation est très grave et personne ne veut parler par peur des représailles, c’est pourquoi personne ne veut dénoncer les abus des groupes armés. Nous travaillons sur un terrain complexe et difficile.

Fondo Aldjoumat

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