Gilets jaunes: l’inspiration africaine

Les internautes africains interprètent à leur manière le soulèvement des Gilets jaunes en France. A travers des photos et publications sur les réseaux sociaux, chacun donne s’explique.

La vague de protestation  des gilets jaunes en France inspire les internautes africains qui en parlent notamment sur les réseaux sociaux  à travers des photos et des déclarations détournées.  Lors des crises dans les pays africains, la France appelle très généralement ses ressortissants à plus de vigilances. Alors sur internet, certains africains profitent de la crise des Gilets jaunes pour détourner les déclarations de la France. Un internaute écrit: « Abidjan qualifie la répression d’actes barbares et antidémocratique… Bamako invite l’ONU à veiller au respect strict de droit de l’homme »

La relation France Afrique s’invite dans les débats. Dans un autre post, un internaute invite les manifestants à  s’attaquer  à « l’usine de fabrication du franc CFA , » une manière d’ironiser sur le débat du Franc CFA, cette monnaie utilisée par plusieurs pays africains alors qu’elle est fabriquée en France, l’ancienne puissance coloniale.

 

Un internaute malien essaie de déporter la « crise » dans son pays. Dans une publication sur son compte Facebook, il parle d’un mouvement de Gilets jaunes à Bamako. Il montre des photos des manifestants habillés en jaunes, tenant le drapeau du Mali.

 

Un autre internaute utilise une photo de  Peace Corps pour interpréter  la « crise ». Sur la photo, deux occidentaux suivent une femme africaine. Les trois transportent des fagots de bois sur leurs têtes. Il met en avant « l’arrivée des premiers réfugiés français » en Afrique.

En France, les Gilets jaunes s’en prennent aux biens et aux symboles d e l’État. Ils saccagent, protestent et vandalisent les biens de l’État. Ils sont allés jusqu’à demander la démission du président; Emmanuel Macron. C’est un  mouvement non structuré, apparu en France en octobre 2018. Il tire son origine sur les réseaux sociaux à travers des appels à manifestions citoyennes.

Cédric Trivella, l’un des porte-parole, n’est pas étonné avant la prise de parole du président : «On n’attend rien du Président. Ça aurait été différent s’il était venu parler au peuple dès le départ. Tant qu’il ne comprendra pas qu’il doit lâcher bien plus que des miettes, on continuera.», rapporte le journal Libération.

Ce mouvement de protestation a causé des dégâts matériaux et humains plus de trois morts et des centaines de blessés, plus de 500 interpellations. Leurs revendications s’articulent entre autres autour  de la hausse du pouvoir d’achat des  classes moyennes , notamment rurales et périurbaines. Certains pays ont demandé à leurs ressortissants d’éviter la France.

Face à ces vagues d’informations et les persistances des gilets jaunes, le président français s’est finalement adressé à la nation, à 20 heures, depuis l’Élysée pour essayer de calmer la situation, trois semaines après le début des mouvements.  Il a fait des promesses qui seront mises en vigueur des 2019 notamment l’augmentation du SMIC à 100 euros soit 65 000 francs CFA.

Pour le président français » les événements ont profondément troublé la nation. Ils ont mêlé des revendications légitimes et un enchaînement de violences. Ces violences ne bénéficieront d’aucune indulgence. Mais au début de tout cela, je n’oublie pas qu’il y a une colère, une indignation. C’est celle des plus fragiles. Leur détresse ne date pas d’hier mais nous avions fini lâchement par nous y habituer », a -t-il souligné.

 

Mohamed Salaha

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