Guillaume Ngefa : une mission des droits de l’homme à Ogossagou pour aider le gouvernement à traduire les coupables en justice

Ogossagou, Minusma, droit de l'homme, Mali

Tout de suite après le massacre qui a coûté la vie le 23 mars à 134 civils du village d’Ogossagou dans le cercle de Bankass, la MINUSMA a apporté une assistance logistique, en évacuant de nombreux blessés vers l’hôpital Somine Dolo de Mopti. Selon Guillaume Ngefa, Chef de la division des Droits de l’homme de la MINUSMA, qui a accordé une interview à Mikado FM, une mission d’établissements des faits enquête en ce moment sur ces évènements tout comme pour les attaques précédentes.

Mikado FM : Guillaume Ngefa, en quoi va consister cette mission d’établissements des faits ?

Guillaume Ngefa : La MINUSMA a déployé en effet une mission d’enquête ou d’établissements des faits avec plus de 10 chargés des Droits de l’homme et des spécialistes des Nations Unies dans le village d’Ogossagou. Il s’agit d’une part, d’établir les circonstances de l’attaque et le déroulement des faits. Cela doit permettre de situer les responsabilités de ce crime et aider les autorités maliennes à traduire rapidement en justice, les coupables.

Mikado FM : Quel rôle joue aujourd’hui la MINUSMA dans la protection des civils? Aviez-vous été alerté sur de possibles attaques dans cette région du Mali ?

Guillaume Ngefa : Comme vous le savez, la MINUSMA, à travers ses chargés de droits l’homme, surtout ceux qui sont dans la région de Mopti, suit de près ce qui se passe. Nous recevons des informations du terrain, nous les documentons et vérifions ce qui nous vient de plusieurs sources possibles. Et selon la méthode du Haut-Commissariat des Droits de l’homme, nous produisons ce qu’on appelle des rapports d’alerte précoce. Ces mêmes rapports ont permis quelquefois dans nos échanges avec les autorités maliennes, de déployer leurs forces pour prévenir des attaques. Pour donner un exemple, nous avions reçu des informations sur le village de Bare, à quelques kilomètres du cercle de Bankass et qui ont été partagées avec les autorités maliennes.

Mikado FM : Quel bilan peut-on faire de ces attaques meurtrières dans le centre du Mali ?

Guillaume Ngefa : Il s’agit depuis le début de l’année d’une 4e attaque terriblement meurtrière, menée depuis le début de l’année 2019 par des hommes armés sur le cercle de Bankass et avec le même mode opératoire. Nous avons encore aujourd’hui le choc de ce qui s’est passé le 1er janvier à Koulogon Peulh sans oublier les autres attaques. Depuis fin 2018, le cercle de Bankass est devenu l’épicentre de la violence dans un cadre communautaire avec au moins 33 incidents imputés à des groupes d’auto-défense communautaires. Des informations qui font l’objet de rapports partagés avec les autorités maliennes et qui permettent un dialogue critique avec le ministère de la Justice du Mali pour mettre fin au cycle de violences qui affecte le centre du Mali.

Mikado FM

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