Guinée : à une semaine du scrutin, l’OIF retire son soutien au processus électoral

L’organisation internationale de la Francophonie (OIF) a fait savoir lundi qu’elle ne pouvait plus « soutenir le processus électoral » du 1er mars en l’absence d’un consensus national sur le nombre d’électeurs.

La Francophonie aura attendu le dernier moment pour exprimer ses réserves vis-à-vis du processus électoral. Les Guinéens sont en effet invités à voter à la fin de la semaine, dimanche 1er mars, lors d’un double scrutin : les législatives et le référendum constitutionnel.

La secrétaire générale de la Francophonie Louise Mushikiwabo avait envoyé à Conakry une mission d’assistance du 10 novembre 2019 au 7 février afin de procéder à la révision des listes électorales, sur demande de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). En l’absence de révisions du fichier, l’OIF refuse désormais de soutenir le processus électoral dans son ensemble.

Ce lundi, l’organisation a fait savoir par voie de communiqué ses réserves vis-à-vis du fichier électoral, audité en 2018 par l’OIF, les Nations unies et l’Union européenne. « Il est important de rappeler que le fichier électoral de 2015 comportait 2.490.664 électeurs problématiques qui continuent malgré tout de figurer dans la base de données actuelle », relève l’organisation dans son communiqué. « Au total, il s’avère que 98% de ces 2.490.664 électeurs ne disposent pas de documents permettant leur identification », ajoute le texte.

Communiqué prudent

Prudente, l’organisation indique toutefois que son rôle ne « consistait nullement en une quelconque validation ou invalidation du fichier électoral guinéen ». « Ce n’est pas notre rôle de dire ce que la Guinée doit faire ou ne pas faire », détaille une source de Jeune Afrique au sein de l’organisation. « Nous disons que c’est difficile de continuer à soutenir le processus électoral en Guinée au vu de la confusion qui l’entoure. C’est problématique qu’on ait encore plus de deux millions d’électeurs pas identifiables ou décédés sur les listes. »

Une position de l’OIF que le vice-président de la Ceni, déjà fragilisée par des divisions internes, refuse de voir comme un désaveu. « L’OIF avait uniquement une mission d’assistance technique. Elle n’a pas à soutenir ou non notre processus électoral », tacle Bakary Mankaré, nommé par la mouvance présidentielle.

jeuneafique

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