Insécurité au centre du Mali: Plus de 23 000 déplacées en octobre

L’outil de suivi et de surveillance des déplacements et la mobilité des populations de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le programme Matrice de suivi des déplacements (DTM, en anglais) a publié son rapport d’octobre 2020. Le document  annonce encore une augmentation du nombre des populations déplacées dans la région. 23 697 personnes enregistrées en octobre, soit 8,2 % par rapport à juillet.

Ce rapport d’octobre du programme Matrice de suivi des déplacements (DTM) a porté sur 166 sites de personnes déplacées internes (PDIS) dans les régions de Gao, Mopti, Ségou, Tombouctou, Koulikoro et le district de Bamako. Il a couvert 18 cercles et 48 communes à travers ces différentes régions.

Les évaluations démontrent que le nombre des PDIS est passé de 287 496 personnes en juillet à 311193 en octobre 2020, soit plus de 23 697 individus déplacés de plus par rapport à juillet.

La région de Mopti tient la tête de liste de tableau. Elle enregistre 131 150 de personnes déplacées internes en octobre contre 113 043 en juillet. Elle est suivie par les régions de Gao (63 315 PDIS), Tombouctou (43 180 PDIS), Ségou (35 336 PDIS), Ménaka (21144 PDIS). La capitale malienne quand elle affiche (4 102 PDIS). La première région administrative, Kayes ferme le tableau avec 2 586 PDIS identifiés par le programme DTM.

Sur le profil des populations déplacées, les femmes représentent 55 %.  Les enfants moins de 18 représentent 62 % des individus des ménages.

Cause majeure

L’augmentation du nombre de déplacés internes au Mali est due, mentionne les résultats du rapport DTM, aux incidents réplétifs qui ont affecté les régions de Mopti, Tombouctou, Gao, Ménaka, Kayes et Ségou entre 2018 et 2020.

L’aggravation des conditions sécuritaires dans le Centre et du Nord est donc le facteur majeur qui engendre de plus en plus de déplacements. Les évaluations ont noté une augmentation considérable du nombre des personnes déplacées internes entre 2017 et 2020. De 38 172 PDIS en décembre 2017, le chiffre est estimé à 311 193 individus au 31 octobre 2020 dans le pays.

Au niveau des différents sites évalués, 58 % des PDI ont exprimé l’intention de retourner vers leurs zones d’origines contre 42 %.

Parmi les déplacés souhaitant retournés (58%) vers les localités d’origine si les conditions le permettent, seuls ceux en provenance du cercle d’Ansongo, de Bandiagara et Bankass (33 % au total), n’ont pas l’intention de retourner dans les localités d’origines de ces mêmes cercles, précisent les résultats de l’opération DTM.

Et de révéler que sur les 166 lieux de déplacement évalués, 78 % ne disposent d’aucun dispositif ou de services médicaux disponibles sur place. Selon lui seuls 36 sites disposent au moins d’un service médical disponible sur le site, contre 130 sites où le service de santé se situe en dehors du lieu de déplacement.

“Parmi les 130 lieux de déplacement avec un potentiel service de santé en dehors du site, les personnes déplacées localisées dans 67 sites, doivent marcher un minimum entre 30 et 50 minutes pour accéder aux services médicaux le plus proches du site de déplacement. Les sites situés dans les cercles de Gao (54), Niono (13) et Bourem (13), ont été les plus concernés par cette situation“, a-t-il fait savoir. Une situation qui constitue “un grand risque sur les populations déplacées en cette période de Covid-19”, alerte le document.

Il exprime aussi son inquiétude face au mauvais état des services eau, hygiène et assainissement (Wash) décents répondant aux normes et du sort de ses milliers d’enfants qui se retrouvent aujourd’hui sans école.

Les résultats de l’opération DTM ont montré que dans 65 % des sites évalués en octobre 2020, aucun enfant des ménages déplacés ne fréquentait l’école au moment de l’évaluation.

L’outil de suivi et de surveillance des déplacements et la mobilité des populations de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) d’octobre font également le point sur les PDIS retournées. Il est estimé à 581 550 individus pendant la période couvrant l’enquête, soit une augmentation de 14 284 individus par rapport à juillet, soulignent les évaluations.

Mali Tribune

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