Qui sont les djihadistes qui font leur loi près de Bamako ?

Sources : État-major des armées Droits : Ministère de la Défense

Grande inquiétude à une centaine de kilomètres de Bamako. Dans plusieurs villages de la localité de Banamba, des djihadistes, proches du prédicateur radical Amadou Koufa, ont exigé et obtenu au cours des dix derniers jours, la fermeture d’une vingtaine d’écoles dispensant les cours en français.

Le 4 novembre dernier, plusieurs responsables locaux alertent les autorités et affirment que le 1er novembre des hommes armés s’identifiant à des djihadistes avaient ordonné la fermeture d’écoles, aux femmes de se couvrir la tête et interdit d’écouter de la musique dans certains villages comme Semene, Sebete, Gounando, Fanibougou. Ballala, Siribila, Madina, Dandougou, Toubacoro, dans la commune de Banamba, située à une centaine de kilomètres de Bamako.

À moto, enturbannés et armés, des jeunes qui se sont présentés comme des djihadistes fidèles au prédicateur radical Amadou Koufa entendaient faire appliquer la charia et l’enseignement religieux.

Un témoin cité par Rfi raconte ce qu’il a vu : « ils venaient, ils appelaient les gens à la mosquée. Ils faisaient leurs prêches et fixaient leurs conditions. Ils exigeaient la fermeture des écoles et la couverture de la tête des femmes avec des voiles, puis de ne pas écouter de musique ».

A Sokolo, un petit village près de la forêt du Ouagadou, les habitants affirment que les hommes de Amadou Koufa sont déjà partout et font appliquer la charia. « Ici, les djihadistes circulent normalement, sans crainte, et font appliquer la charia sans que personne ne conteste », dit Souleymane Maiga, un habitant de Sokolo. Il ajoute : « il n’y a pas eu encore des mains coupées ou de personnes fouettées, mais tout le monde doit appliquer les consignes strictes et rigoristes de l’islam ».

Selon les statistiques, près de 2 000 élèves ne peuvent plus aller à l’école, où les cours sont dispensés en français, dans cette zone située non loin de la frontière mauritanienne. Les enseignants menacés par ces djihadistes ont quitté les lieux, où les djihadistes disparaissent ou se fondent dans la population dès qu’ils voient un convoi militaire arriver.

Une situation qui rend complexe la sécurisation de ces localités, où les populations craignent qu’on ne les confonde avec les djihadistes. Les élus locaux réclament plus de présence de l’État et plus de présence des forces de sécurité.

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