La Turquie promet une riposte après la caricature d’Erdogan dans Charlie Hebdo

Ankara a promis une réponse «judiciaire et diplomatique» à la France suite à la caricature d’Erdogan dans Charlie Hebdo, a annoncé la présidence turque.

Réagissant à la publication d’une caricature du Président turc par l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, Ankara a promis d’y apporter une réponse diplomatique.

«Les actions judiciaires et diplomatiques nécessaires seront entreprises contre ladite caricature», indique le communiqué en français de la direction de la communication de la présidence turque.

Le communiqué de la présidence a qualifié la «pseudo-caricature» de «nouvelle démarche de provocation et d’injure» qui cherche à «faire monter les tensions».

En empruntant les propos de Voltaire, la présidence turque a tenu à souligner que «la réapparition, surtout en France de cette mentalité maladive» «montre au monde entier que ni la liberté de la France n’est une liberté, ni son égalité n’est une égalité, ni sa fraternité n’est une fraternité».

Peu de temps après, une «enquête officielle» sur la publication de la caricature d’Erdogan a été lancée par le bureau du procureur d’Ankara, selon l’agence de presse turque Anadolu.

Plus tard dans la journée, Recep Tayyip Erdogan a déposé une plainte auprès des procureurs d’Ankara pour la caricature en question, selon le diffuseur public turc TRT.

D’après l’avocat du Président turc, la publication contredit les principes moraux et éthiques du journalisme et de la liberté d’expression et relève d’une atteinte à la dignité et à l’honneur du Président.

Détérioration des rapports Ankara-Paris

Le 27 octobre, l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo a dévoilé une caricature de Recep Tayyip Erdogan. Elle montre le Président turc, en T-shirt et sous-vêtements, en train de boire une bière et de soulever la jupe d’une femme portant le voile, dévoilant ainsi ses fesses nues. La Turquie a accusé l’hebdomadaire satirique français de «racisme culturel».

Les attaques personnelles du Président turc envers M.Macron et les appels au boycott des produits français ont suivi la décision de ce dernier de ne pas renoncer aux caricatures du prophète Mahomet.

Une telle annonce a été faite après l’attaque terroriste qui a coûté la vie au professeur d’histoire-géographie Samuel Paty, retrouvé décapité non loin du collège où il enseignait, après avoir montré à ses élèves de 4e des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression.

Sputnik

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