Le PM Boubeye à la clôture de l’EID : « le gouvernement n’a aucune intention de revenir sur la loi d’entente»

Le premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maiga  s’est exprimé ce 10 décembre dernier à la clôture de l’Espace d’interpellation démocratique (EID) au sujet du projet de loi controversé d’entente actuellement sur la table de l’Assemblée nationale. Il a invité les associations de défense des droits de l’homme à ne pas se donner à l’indignation « sélective ».

Les associations de défense des droits de l’homme ont critiqué ce projet de loi qu’elles estiment plutôt comme une prime à l’impunité qui ne favoriserait ni la paix, ni la sécurité encore moins la cohésion sociale.  Cet avis n’est pas partagé par le premier ministre. « Je voudrais dire que contrairement à ces appréhensions, le projet de loi ne constituera pas une prime à l’impunité ni un déni du droit des victimes à obtenir justice dans la mesure où ce projet exclut de son champ d’application les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les viols et tous les crimes qui sont réputés imprescriptibles », a  expliqué le premier ministre Soumeylou Boubeye Maiga.

Il a ajouté: « dans la défense des droits de l’homme, il n’y a pas d’indignation sélective ». Le premier ministre fait allusion à la loi votée par l’Assemblée nationale en 2012 pour amnistier les auteurs du coup d’Etat de 2012 qui n’étaient pas dénoncés par les associations de droits de l’homme à l’époque. « Dans cette loi de 2012, sont amnistiés : l’homicide volontaire, l’homicide involontaire, les coups et blessures volontaires, les blessures involontaires, l’enlèvement de personnes, les arrestations illégales, la séquestration de personnes, les dommages volontaires à la propriété mobilière et immobilière d’autrui, l’incendie volontaire, les pillages, les extorsions et dépossessions frauduleuses, les vols qualifiés, les viols, l’atteinte à la liberté du travail, l’atteinte aux biens publics », rappelle le premier ministre malien qui a invité les organisations de défense des droits de l’homme  à œuvrer pour la bonne cause sans se dévier de leur objectif.

Alors que ces dernières contestent le projet de loi et menacent de le faire échouer. Le PM a répliqué.  « Je considère que les associations qui font profession de défense de droit de l’homme ne doivent pas, pour leur crédibilité, servir de relais ou de refuge à des positions partisanes. C’est ça qui ferait que nous pourrions nous, en tant qu’État, continuer de respecter les positions qui sont exprimées au nom des droits de l’homme », a dit le PM avant de rappeler que ceux qui font le procès au gouvernement par rapport à cette loi ne se sont jamais prononcés. Il a rassuré que le gouvernement n’a aucune intention de revenir sur la loi.

Mohamed Salaha

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