Le renforcement de l’action militaire au Sahel

Pour Le Point Afrique, « c’est un signal fort qu’a envoyé Emmanuel Macron hier à Pau, avec les dirigeants des pays G5 Sahel. Alors que l’armée américaine devrait réduire ses effectifs en Afrique, la France va augmenter son contingent militaire. Avec 220 hommes supplémentaires, qui viendront renforcer les troupes françaises de Barkhane, déjà fortes de 4.500 hommes. »

Autres décisions importantes, relève Maliweb : « le président français a annoncé l’unification du commandement de la force Barkhane et celui de la force conjointe du G5 Sahel et l’intégration des services de renseignement français avec une latitude plus forte. Ensuite, le président français a annoncé l’opérationnalisation de la force spéciale Takuba, en saluant le rôle des autres pays européens qui ont accepté d’envoyer des forces spéciales. »

Enfin, pointe encore Maliweb, « le chef de l’Etat Français et ses alliés du G5 Sahel ont convenu de mettre en place une nouvelle coordination baptisée ‘la coalition pour le Sahel’, qui rassemblera la force conjointe du G5 Sahel, la Force Barkhane et le groupement des forces spéciales des pays partenaires. Cette nouvelle stratégie opérationnelle concentrera précisément les efforts militaires dans le fuseau centre, notamment les frontières du Burkina-Faso, Niger et le Mali. »

Une internationalisation, vraiment ?

WakatSéra au Burkina reste dubitatif : « comment se fera concrètement l’ouverture de l’intervention de la communauté internationale contre le terrorisme à d’autres partenaires, pour éviter que la seule France soit au front, alors que les États-Unis annoncent un allègement du dispositif militaire américain en Afrique et que d’autres Etats manifestent une frilosité ouverte à l’endroit du projet ? Comment ériger un commandement conjoint G5 Sahel et Barkhane alors que la première force est loin de tourner à plein régime, pour ne pas dire qu’elle peine à naître et que 220 nouveaux soldats viendront gonfler les effectifs de 4 500 éléments de la deuxième ? Visiblement, le défi continue d’être lourd à relever. »

Sentiment anti-français : la France sera jugée sur ses résultats sur le terrain

Par ailleurs, Emmanuel Macron a tenu hier à mettre les points sur les i à propos des critiques exercées contre la France…

« Manifestement très affecté par le sentiment anti-français qui s’est exprimé ces dernières semaines au sujet de la présence de Barkhane dans la région, Emmanuel Macron tenait à faire dire aux dirigeants des pays du Sahel que ce sont eux qui sollicitent humblement cette présence française, relève Ledjely. Et le moins qu’on puisse dire, pointe le site guinéen, c’est qu’il est arrivé à ses fins. Ibrahim Boubacar Keïta et ses homologues de la région, ravalant fierté et orgueil, ont vivement réitéré que la présence des militaires français dans le Sahel devait se poursuivre. Ce après quoi, l’opinion publique africaine aurait tort de s’en prendre à la France. »

« Cela va-t-il changer quelque chose dans le ressenti de certaines populations contre la France ?, s’interroge Le Pays au Burkina. On attend de voir. Mais toute porte à croire qu’au lendemain du sommet de Pau, le sentiment anti-français ne va pas disparaître de lui-même, comme par enchantement. Mais que c’est plutôt dans les résultats sur le terrain, que la France pourra se réconcilier avec tous ces Sahéliens qui n’avaient pas hésité à lui voler dans les plumes, l’accusant à tort ou à raison de passivité voire de complicité avec l’ennemi. »

En effet, insiste L’Observateur Paalga, « la véritable réponse au French bashing, c’est sur le terrain que Barkhane doit la chercher. De ce point de vue, il faut espérer qu’au-delà du bien futile exercice de clarification politico-diplomatique, le conseil de guerre qui s’est tenu hier à Pau apportera des solutions vigoureuses qui permettront aux populations des zones concernées de sentir un véritable recul du péril terroriste. C’est le seul combat qui vaille aujourd’hui. »

A l’offensive !

Alors, « dans les jours à venir, l’action militaire devrait se ressentir plus drastiquement, ose espérer Aujourd’hui, toujours à Ouagadougou. Les armées nationales ne devraient plus être seules à se débattre face aux acharnements des groupes terroristes. La force spéciale Takuba devrait se montrer plus efficace, en allant par exemple dératiser les sanctuaires des katibas, en lieu et place de riposter à chaque estocade des terroristes. La meilleure défense reste l’offensive. Les populations civiles devraient ressentir une véritable présence de ces armées. En d’autres termes, la clarification devrait semer plus de clairières dans les rangs des terroristes. »

Rfi

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