Le style de Didier Deschamps et de l’équipe de France inspire-t-il les autres sélections européennes ?

Didier Deschamps a mis le collectif au-dessus de tour. (F. Faugère/L'Equipe)
Didier Deschamps a mis le collectif au-dessus de tour. (F. Faugère/L'Equipe)
Didier Deschamps a mis le collectif au-dessus de tour. (F. Faugère/L’Equipe)

Alors que le sélectionneur Didier Deschamps a bâti sur le succès des Bleus à la Coupe du monde sur la solidité de son groupe et un jeu efficace à défaut d’être audacieux, certains de ses homologues semblent s’en inspirer. D’autres, beaucoup moins

Le groupe d’abord : Martinez (Belgique) adhère

C’est sans aucun doute l’une des clés de la victoire de l’équipe de France à la Coupe du monde et un mérite que tous reconnaissent au sélectionneur : Didier Deschamps a réussi à bâtir un groupe solidaire, sans faille, dans lequel chacun s’est mis au service du collectif. En allant au-delà des statistiques ou des analyses individuelles, il a fait plusieurs choix forts pour choisir 23 joueurs impliqués à 100% dans son projet.

Sur ce plan, le technicien qui se rapproche peut-être le plus de Deschamps est Roberto Martinez. Le sélectionneur de la Belgique l’a prouvé avec ses choix pré-Coupe du monde, quand il avait laissé de côté le talent de Radja Nainggolan et préféré miser sur l’unité. «Je crois vraiment en la possibilité des 23 joueurs de contribuer à l’équipe, expliquait-il durant le tournoi. Nous connaissons tous les talents que nous avons. (…) Mais je pense que la Coupe du monde ne respecte pas les individualités, ou les grands talents, seulement les équipes qui travaillent dur en tant que groupe et qui ont une mentalité de gagnant.»

Après la Coupe du monde, l’Espagne (éliminée en huitièmes) et l’Allemagne (sortie dès la phase de groupes) ont entamé leur reconstruction en procédant également à des décisions remarquées : Luis Enrique a commencé son mandat en écartant Jordi Alba quand Joachim Löw, qui s’était déjà privé de Leroy Sané en Russie, a «zappé» Sami Khedira pour les premiers matches de la Ligue des nations.

Joachim Löw n'a pas sélectionne Sami Khedira pour ce rassemblement. (Presse Sports)
Joachim Löw n’a pas sélectionne Sami Khedira pour ce rassemblement. (Presse Sports)

Didier Deschamps l’a confié au Figaro, il aime «entrer dans le cerveau» de ses joueurs pour savoir ce qu’ils ont «dans le ventre». Le sélectionneur français apporte autant d’importance au talent qu’au mental, ce qui le rapproche de Gareth Southgate, même si la logique de l’Angleterre, qui poursuit sa reconstruction avec un groupe jeune, est différente. Southgate s’inspire de Deschamps en prenant soin d’observer comment les jeunes éléments qu’il injecte se fondent au groupe, comment ils réagissent. Sa gestion humaine a été célébrée en Angleterre, avec notamment la présence au Mondial de Danny Rose, qui avait connu des déboires par le passé.

Bousculer les stars : Southgate (Angleterre) connaît

Tout en écartant de sa liste des joueurs Karim Benzema ou Adrien Rabiot (réserviste avant de refuser ce statut), Deschamps a su convaincre ses «stars» de se dépouiller sur le terrain, à la manière d’un Diego Simeone à l’Atlético de Madrid, quitte à ce que certains joueurs (Pavard à droite, Matuidi dans une position plus avancée) n’évoluent pas à leur poste de prédilection. Southgate en avait fait de même (Walker dans l’axe, Alli et Lingard en relayeurs) et avait également convaincu son buteur vedette, Harry Kane, de ne pas disputer le troisième match de groupe contre la Belgique.

Martinez, lui, a installé une large concurrence au sein de son effectif et n’a pas hésité à déclasser Yannick Carrasco en plein Mondial, alors qu’il était l’un de ses joueurs clés en qualifications.

Jeu pragmatique : Löw (Allemagne) va essayer

Jouer plutôt bas, fermer les espaces, chercher la transition rapide en misant sur l’efficacité : ces principes ont fait le succès des Bleus en Russie, sans préoccupation d’esthétisme. Vainqueur de l’Euro 2016, le Portugal de Fernando Santos suit ce credo depuis plusieurs années déjà, avec un bloc solide (normalement) capable de contrer n’importe quel adversaire.

Lors de sa conférence de presse de rentrée, Joachim Löw a dit vouloir s’inspirer de ce pragmatisme : «Au Mondial, nous avions un style de jeu très risqué et nous étions très exposés aux contre-attaques. Nous devons prendre conscience que nous devons absolument être plus forts défensivement», a-t-il notamment expliqué, souhaitant «s’adapter avec souplesse à l’adversaire». «Ma plus grande erreur a été de penser franchir le premier tour avec notre style dominant. (…) Je voulais gagner par le jeu, le perfectionner, j’étais presque arrogant.»

Imprégné du style Barça, Luis Enrique n’entend pas, lui, changer la philosophie de la Roja, basée sur la possession. «La sélection a tout ce qu’il faut pour faire du bon football et être agressive avec le ballon», a-t-il expliqué lors de son intronisation. Southgate diffère également de Deschamps sur ce plan-là, avec une idée de jeu moins sécuritaire et bien précise, un 3-5-2 tourné vers l’attaque, et des choix faits en conséquence.

Roberto Martinez ne compte pas changer sa philosophie de jeu. (Presse Sports)
Roberto Martinez ne compte pas changer sa philosophie de jeu. (Presse Sports)

La contagion ne s’étend pas non plus à Roberto Martinez. Répondant à la question «Pourriez-vous proposer le type de football de l’équipe de France ?», le technicien avait été clair dans les colonnes de Sport/Foot Magazine après le Mondial : «Non. Ce ne serait plus la Belgique. Et je ne pense pas non plus que laisser le ballon à l’adversaire nous offre des garanties de succès à long terme. Je ne choisirai jamais cette option-là. Je pense que c’est notre façon de jouer qui a été mise en évidence, plus que notre participation aux demi-finales. Ce ne serait pas très intelligent pour les générations futures d’abandonner notre manière de jouer.»

L’equipe

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