L’Iran tire des missiles sur deux bases militaires américaines en Irak

L’Iran a lancé une dizaine de missiles balistiques contre au moins deux bases militaires irakiennes abritant des forces de la coalition menée par Washington. Les Gardiens de la révolution ont également menacé de frapper Israël et « des alliés » des États-Unis.

 L’Iran avait menacé Washington de représailles après la mort du général iranien Qassem Soleimani, tué par des frappes américaines en Irak. Cinq jours après, Téhéran a lancé, aux alentours de 1 h 30 (heure locale), plus d’une dizaine de missiles balistiques contre deux bases militaires irakiennes abritant des forces de la coalition menée par les États-Unis. Ces frappes, survenues en trois vagues, ont touché les bases d’Aïn al-Assad (ouest) et Erbil (nord), a déclaré mercredi 8 janvier le département américain de la Défense, confirmant une information de la télévision d’État iranienne.

L’agence de presse iranienne Mehr rapporte que les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique en Iran, ont mené l’attaque contre la base aérienne d’Aïn al-Assad pour venger la mort du général Qassem Soleimani.

« L’Iran a pris et terminé des mesures proportionnées d’autodéfense conformes à […] la Charte de l’ONU en attaquant une base d’où ont été lancées des attaques lâches contre nos citoyens et officiers de haut rang, a écrit le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif sur son compte Twitter. Nous ne cherchons pas l’escalade ou la guerre, mais nous nous défendrons contre toute agression. »

Quelques heures après cette riposte iranienne, de nombreux avions militaires survolaient la capitale irakienne, ont constaté des journalistes de l’AFP. 

Israël et les alliés de Washington menacés

Les Gardiens de la révolution ont prévenu que toute agression américaine contre Téhéran de la part des États-Unis ou de leurs alliés donnera lieu à une réponse dévastatrice. Ils ont également menacé de frapper Israël et « des gouvernements alliés » de l’Amérique. Cette menace concernerait alors « l’Arabie saoudite, le Bahreïn, le Qatar et l’Afghanistan qui ont des bases américaines sur leur territoire », précise Siavosh Ghazi, correspondant de France 24 en Iran.

« Nous conseillons au peuple américain de rappeler les troupes américaines (déployées dans la) région afin d’éviter de nouvelles pertes et de ne pas permettre que la vie de ses soldats soit davantage menacée par la haine toujours croissante du régime » américain, ajoute le communiqué des Gardiens de la révolution.

Un premier examen pour déterminer le bilan des frappes

Dans un tweet au ton particulièrement léger et plutôt apaisant, le président américain Donald Trump a fait savoir qu’il ferait une déclaration mercredi matin, tout en laissant entendre que le bilan n’était pas très lourd. « L’évaluation des dégâts et des victimes est en cours. Jusqu’ici, tout va bien ! », a-t-il lancé.

Les États-Unis procèdent à un premier examen pour déterminer le bilan de ces frappes, a précisé le Pentagone. « Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour protéger et défendre le personnel américain, nos partenaires et alliés dans la région. »

Quelques heures après l’attaque, l’agence fédérale de l’aviation américaine (FAA) a interdit aux avions civils américains le survol de l’Irak, de l’Iran, ainsi que des eaux du golfe Persique et du golfe d’Oman.

La crainte d’une escalade régionale, voire internationale

Ces frappes ne sont pas une surprise. Plus tôt dans la journée, le secrétaire américain à la Défense, Mike Esper, déclarait que les États-Unis devaient s’attendre à des représailles de la part de Téhéran pour la mort de Qassem Soleimani. « Nous ne cherchons pas à commencer une guerre avec l’Iran mais nous sommes prêts à en finir une », avait-il déclaré à la chaîne CNN.

France 24

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