Mali : Affaire des équipements militaires, des gros errements dans la procédure

Les Maliens ont assisté un scénario digne d’un film hollywoodien, le vendredi dernier. A la surprise générale, le Pôle économique et financier de Bamako annonce la mise sous mandat de dépôt de plusieurs personnes dont Mahamadou Camara, ancien ministre, dans l’affaire dite des équipements militaires.

A l’analyse des chefs d’accusation et la manière chevaleresque dont la procédure a été menée des grosses erreurs ont été constatées qui aux yeux des juristes, sont de nature à entraîner son annulation pure et simple.

Le Procureur du Pôle économique et financier de Bamako s’est-il planté dans cette affaire qui défraye la chronique ? Rien n’est plus sûr, à en croire les observateurs et juristes chevronnés unanimes sur un fait : cette affaire ne tient en rien tant dans le fond que dans la forme. D’abord, le communiqué du procureur annonce que le ministre Camara et ses codétenus sont accusés de ‘’Délit de complicité de favoritisme dans l’affaire des équipements militaires’’.

Ils sont nombreux à s’accorder sur le fait que cette affaire n’est ni plus ni moins qu’un coup savamment orchestré, pour avoir été exécuté un vendredi. Histoire de garder les prévenus en prison au moins 72 heures. Les observateurs pensent aussi que c’est un coup d’éclat que la justice motive par le besoin d’offrir du spectacle aux Maliens, qui commencent à douter de l’opération de lutte contre la corruption annoncée à cor et à cri.

Troisièmement, de grossières erreurs ont été décelées dans la procédure, notamment dans le délai de prescription de 3 ans pour les délits. Ce délai est largement dépassé. Ensuite, mêmes les juristes débutant savent qu’il n’y a pas de mandat de dépôt pour les délits. Une autre erreur dans la procédure est que Mahamadou Camara avait ‘’Rang de ministre’’ à l’époque des faits a lui reprochés. Donc, normalement c’est la Haute Cour de Justice qui est compétente pour connaître de son cas comme pour celui d’autres accusés de même envergure que lui.

En outre, pour un délit de complicité de favoritisme, le procureur ne peut s’en prendre au Directeur de cabinet en oubliant le président lui-même. Tout vraisemblablement, pour eux, Mahamadou Camara est utilisé comme l’agneau sacrificiel dans cette affaire vide tout sens. Pour sûr, estime-t-on l’ancien ministre semble déranger. Alors même que depuis sa sortie du gouvernement, il s’occupe de son entreprise qu’il tente tant bien que mal de faire tourner sans aucun soutien. Aux dernières nouvelles, ses avocats auraient introduit une demande de mise en liberté provisoire sur laquelle la justice devrait se pencher ce matin.

 Le temoin

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