Mali: appel à des élections et à une révision constitutionnelle

Le dialogue politique mené à Bamako pour tenter de trouver une solution à la crise provoquée par les attaques jihadistes dans laquelle s’enfonce le Mali s’est achevé dimanche par un appel à de nouvelles élections et à une révision de la Constitution.

Les participants, membres de la société civile et de la classe politique, réunis depuis le 14 décembre, ont préconisé la tenue d’élections législatives avant mai 2020 et l’organisation d’un référendum sur une révision de la Constitution.

Une proposition de révision datant de 2017 et visant à développer la décentralisation avait été bloquée par l’opposition au Parlement. Le président Ibrahim Boubacar Keïta avait convoqué ce “dialogue national inclusif” dans une tentative de reprendre la main après une récente résurgence des violences communautaires et jihadistes. Mais les discussions ont été boycottées par la plupart des partis d’opposition.

Parmi les rares mouvements d’opposition ayant participé aux discussions figurait la Coordination des mouvements de l’Azawad, une alliance de groupes rebelles signataire d’un accord de paix avec Bamako en 2015. Les insurgés islamistes ont tué plus de 140 soldats maliens depuis septembre, au cours d’une insurrection qui s’étend depuis 2013, et, d’autre part, des affrontements sanglants ont opposé récemment éleveurs peuls et cultivateurs dans le centre du pays. Tout le Sahel en particulier le Mali, le Niger et le Burkina Faso est désormais la cible des attaques de plus en plus meurtrières de plusieurs groupes islamistes, en dépit du renforcement des armées locales, de la présence de 4.500 militaires français de la force antijihadiste Barkhane et d’une force des Nations unies au Mali.

L’échec à trouver une solution militaire aux violences a nourri le sentiment chez certains qu’un dialogue avec les jihadistes permettrait de sortir de la crise. Mais le président n’a pas évoqué dimanche un éventuel dialogue bien que de nombreux délégués aient soutenu cette option durant les discussions. Le gouvernement malien, comme la France, ancienne puissance coloniale, ont à plusieurs reprises exclu tout dialogue avec les jihadistes. “Ce dialogue (national inclusif) est un début, d’une longue période pendant laquelle nous devrions opérer la renaissance du Mali”, a déclaré le président Keïta. Il “traduit la vitalité diversifiée du Mali. (…) notre pays ne saurait être un bateau ivre”, a-t-il ajouté devant quelque 3.000 personnes réunies pour la cérémonie de clôture.

AFP

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