Mali : Assemblée générale de la FEMAFOOT, le nouveau départ

Comme prévue, la rencontre s’est déroulée samedi au stade du 26 Mars. Les nouveaux textes de la FEMAFOOT ont été adoptés et l’élection du nouveau bureau fédéral aura lieu dans une soixantaine de jours.  Retour sur une journée qui devrait marquer définitivement la fin de la crise du football malien.

La Fédération malienne de football (FEMAFOOT) a ses nouveaux textes. Ils ont été adoptés, le samedi 15 juin, lors de la 47è Assemblée générale ordinaire qui s’est déroulée au stade du 26 Mars. Comme il fallait s’y attendre, après plusieurs années de crise, les débats ont été houleux et la rencontre a failli capoter. A plusieurs reprises, les textes ont été rejetés pour être finalement approuvés aux environs de 23h30.

La pierre d’achoppement a été le collège électoral du prochain bureau fédéral inclu dans les dispositions transitoires des nouveaux textes. La FIFA a proposé l’organisation du championnat national avec 23 clubs et le vote des 10 premiers de la compétition.

Le camp Salaha Baby, regroupé au sein du Collectif des ligues et clubs majoritaires (CLCM) a accepté cette proposition, mais à condition que le vote se fasse avec le collège du 10 janvier 2015, c’est-à-dire, les membres présents à la 47è assemblée générale ordinaire, reste le même.

Quant au camp de Mamoutou Touré «Bavieux», il a préconisé le vote des 23 clubs de première Division et celui des champions des ligues à partir de la dernière compétition. Aucune proposition n’a pu être approuvée car aucun camp n’a obtenu les voix nécessaires, c’est-à-dire, le 2/3 (c’était 31 voix contre 24 pour le camp Salah Baby).

Le blocage s’est alors installé. Les négociations menées par le Médiateur FIFA-CAF, l’Ivoirien Jacques Anouma et le représentant de la CAF, le Guinéen Mamadou Antonio Souaré n’ont rien donné. Les deux camps sont restés campés sur leur position.

A 19h, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Arouna Modibo Touré arrive au stade du 26 Mars et entre à son tour dans la danse. Après deux heures de tractations, il fait une proposition qui sera acceptée par les deux camps.

Les 23 clubs de première Division et les champions des ligues de la saison 2013-2014 vont voter lors de l’élection du nouveau bureau de la FEMAFOOT. L’USC Kita et le Sonni de Gao, deux champions de ligue de la saison 2013-2014, font actuellement partie des clubs de l’élite, ils seront donc remplacés par leurs vice-champions.

Cette proposition envoie les deux camps dos-à-dos avec un seul vainqueur : le Mali. En ajoutant les 27 voix des ligues (3 par ligue), les voix des 3 groupements sportifs, le collège électoral passe désormais à 62 voix. L’appel à candidature aura lieu cette semaine et l’élection du nouveau comité exécutif de la fédération sera organisée 60 jours plus tard.

C’est un grand soulagement pour la présidente du CONOR, Daou Fatoumata Guindo qui a tenu à féliciter les délégués après la rencontre. «L’avenir du Mali était dans vos mains. Il fallait sauver la situation, se surpasser, accepter et vous l’avez fait.

L’essentiel, c’était de l’adopter avant la fin de la journée du 15 juin», a déclaré la présidente du CONOR, avant d’adresser ses remerciements au gouvernement à travers le ministre de la Jeunesse et des Sports, Arouna Modibo Touré. «Je ne sais pas quel message a été donné, en tout cas, le sursaut a été obtenu», soulignera-t-elle. La patronne de l’instance transitionnelle renchérira : «Aujourd’hui, c’est le renouveau du football malien qui va commencer.

Toute la nation malienne est soulagée». Mme Daou Fatoumata Guindo reviendra, ensuite, sur le vécu difficile de la crise. «Vous avez enduré cette crise pendant quatre ans. Nous, nous sommes là, il y a un an et quelques mois, nous savons que c’est très difficile. J’espère qu’à partir d’aujourd’hui, nous sommes sortis définitivement de la crise. Faites tout pour qu’il n’y ait plus jamais de comité de normalisation dans notre pays. Nous sommes des acteurs qui animent ce comité mais Dieu seul sait avec quelle peine».

Pour le ministre de la Jeunesse et des Sports, Arouna Modibo Touré, il faut rendre grâce à Dieu. «Aujourd’hui est un samedi merveilleux. J’avais instruction ferme de ne pas aller me coucher sans que cela ne soit réalisé, Dieu nous a permis de le réaliser avant minuit, ce 15 juin, rendons grâce au Tout-Puissant et Miséricordieux», a déclaré le premier responsable du département de tutelle.

Pour lui, le chemin est désormais balisé, «il ne reste plus aux Maliens qu’à se donner la main pour que le pays redevienne un pays de football». Au nom du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, du Premier ministre, Dr Boubou Cissé et de l’ensemble des membres du gouvernement, Arouna Modibo Touré a remercié les membres du CONOR «qui ont pu tenir le navire jusqu’à cette assemblée».

Le ministre Touré a révélé que le président de la République et le Premier ministre suivaient les événements «minute après minute».

Samedi, un important dispositif sécuritaire a été mis en place pour prévenir tout éventuel incident. L’entrée au stade du 26 Mars a été filtrée. Seuls les détenteurs de badges ont eu accès à l’enceinte.

Lors de la cérémonie d’ouverture, le maire de la Commune VI, Boubacar Keïta, le Médiateur FIFA-CAF, l’Ivoirien Jacques Anouma et le représentant de la CAF, le Guinéen Mamadou Antonio Souaré, le directeur de la division Associations membres de la FIFA pour l’Afrique et les Caraïbes, Veron Mosengo-Omba ont, tour à tour demandé aux délégués de faire des sacrifices et de mettre le Mali dessus.

«Que cette assemblée générale soit une solution, une bouffée d’oxygène pour l’ensemble des Maliens pour le bien de notre football. Nous souhaitons que la paix revienne définitivement sur le plan du football au Mali», a plaidé le maire de la Commune VI.

«Aujourd’hui, c’est à vous de décider ou de bloquer le processus de normalisation en cours et de tracer l’avenir du football malien. Je considère la rencontre d’aujourd’hui, comme une rencontre de l’intérêt supérieur du football malien où les égos et les intérêts personnels devront être mis de côté pour redonner dans l’intérêt commun une base structurelle au football malien qui soit conforme aux exigences de la FIFA», a martelé de son côté Veron Mosengo-Omba.

Quant au représentant du ministère de la Jeunesse et des Sports, Mahamadou Sidibé, il dira : «en ce temps précis, notre pays a surtout besoin d’unité, de cohésion sociale, de paix. Au regard des valeurs qu’incarne le sport, le football a l’obligation de combler ce besoin». On peut dire que le message a été reçu cinq sur cinq par les délégués.

Source : ESSOR

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