Mali : au moins 24 nouveaux corps découverts dans des fosses communes près de Mondoro

Découverte de deux fosses communes près de Mondoro, dans le cercle de Douentza, selon plusieurs sources.  Au moins le corps de 24 peulhs sont découverts dans les deux charniers , le 24 février.

Les habitants de Mondoro ont découvert deux fosses communes à 3 kilomètres au nord du village, dans le cercle de Douentza, le 24 février dernier, selon plusieurs sources concordantes. Les corps découverts étaient tous identifiés comme des peulhs. Des associations de défense de la culture peulh affirment que les 24 corps découverts seraient ceux des peulhs enlevées il y a quelques jours par les forces armées maliennes dans la zone.

L’organisation Kisal confirme la découverte des fosses communes. « Toutes les personnes enlevées seraient automatiquement conduites dans la base militaire de Mondoro. Les habitants ayant entrepris des recherches sont stupéfaites de découvrir deux fosses communes à trois kilomètres au nord du village de Mondoro. Ces fosses contiennent plusieurs personnes », nous confie une femme responsable de Kisal sans donner de détails précis sur le nombre victimes.

L’organisation pointe du doigt l’armée malienne qui selon elle, aurait procédé à des arrestations arbitraires suivies des disparitions forcées d’hommes peulhs.

Selon un responsable de la jeunesse de Tapital Pulaaku qui parle sous anonymat, affirmant avoir été menacé plusieurs fois  par l’armée malienne, « je n’ai pas pu avoir le nombre exact des personnes découvertes dans les charniers. Les populations ont même peur de communiquer. Ils se cachent pour le faire, car un simple appel téléphonique peut leur coûter la vie », dit-il.

L’amalgame a pris de l’ampleur dans cette localité. Une situation décriée par les peulhs. « Tout peulh est djihadiste pour les militaires à partir de Mopti », ajoute la même source anonyme.

Un proche d’une victime, témoigne également sous anonymat. «J’ai mon propre oncle de 52 ans parmi les victimes. Ils les ont matés, les superposés ensuite les égorgé comme des moutons », témoigne-t-il,  larmes aux yeux à Nord sud journal.

Contactée par nos soins, la direction de l’information publique des armées n’a pas souhaité réagir aux accusations .Un de ses portes paroles dit ne pas être au courant de la découverte des charniers.

Dans la région de Mopti, les violences intercommunautaires ont fait au moins 500 morts en 2018, selon des rapports des Nation-unis. Des organisations de défense des droits de l’homme accusent également l’armée d’être à l’origine de plusieurs violations des droits de l’homme depuis la libération des régions du Nord en 2012.

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