Mali-Burkina Faso: retour sur l’opération qui a permis de libérer les otages enlevés au Benin

Drones de surveillance, hélicoptères de combats, avions de chasse F-16, avions de largage des parachutistes, plusieurs dizaines des membres des forces spécialesRetour sur cette opération qui avait eu lieu à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso et qui a permis la libération de quatre otages après plusieurs jours de localisation.

Depuis l’enlèvement de deux touristes français le 1er mai dernier au parc national de la Pendjari au Benin, les recherches se sont accélérées et les services des renseignements américains avaient collaboré avec leurs homologues français pour trouver les otages. Deux français, une citoyenne américaine et une ressortissante sud-coréenne.

Les ravisseurs ont été rapidement identifiés. Il s’agit des hommes armés dirigés par un jeune béninois d’une quarantaine d’année du nom de Jom Kekel, affilié à la branche sahel de l’organisation État islamique. « Les ravisseurs se déplacent avec beaucoup de précaution mais un détail sécuritaire les échappe. Un des otages, l’américaine avait sur elle une montre géo localisable », nous confie une source bien introduite.

Otages localisés

Après plusieurs jours de collectes des informations, « les otages ont finalement été localisé à Filifala, dans la partie dense de la forêt de Fhéro à 20km de Mondoro au Mali et 15km de Arayel au Burkina Faso, sur la frontière entre les deux pays », nous confie la même source. Très rapidement, les forces françaises montent une opération pour libérer les otages car il y a eu des « renseignements annonçant que les otages seraient sur le points d’être acheminé vers le grand nord du Mali », nous confie une autre source sécuritaire.

L’opération de libération des otages a donc été soigneusement préparée. Drones de surveillance, hélicoptères de combats, avions de chasse F-16, avions de largage des parachutistes, plusieurs dizaines des membres des forces spéciales…

Le 9 mai dernier, tard dans la nuit, un avion militaire français largue plusieurs dizaines des parachutistes, membre des forces spéciales à l’Est et au Sud-est de Filifala, le lieu où se trouvaient les otages. Vers 23h, les soldats français ont commencé leur avancée à pied sur le campement des ravisseurs. À l’entrée du campement, les forces spéciales passent à trois cents mètres du premier djihadiste qui faisait la sentinelle. Ce dernier s’était approché des soldats puis avait ouvert le feu sur eux en tuant les commandos marine Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello. Les échanges des tirs ont éclaté au sol alors qu’au même moment, l’hélicoptère de combat qui assurait la couverture aérienne repère la sentinelle qui avait ouvert le feu sur les soldats et tire sur lui. Il est mort sur place « nous avons trouvé son corps sans vie et sa tête en plusieurs morceau », nous confie un villageois qui s’était rendu le lendemain sur le lieu.

Extraire les otages

Les échanges des tirs continuaient et alors que les djihadistes faisaient face aux soldats qui venaient par le Sud-est, un autre groupe des soldats français est arrivé discrètement cette fois-ci par le nord-est pour extraire les otages qui étaient cachés dans une hutte. Les mêmes soldats ont conduit les otages jusqu’à un hélicoptère qui les attendait un peu plus loin de la zone de combat. Les soldats français ont replié de la zone et un hélicoptère de combat avait procédé à trois frappes sur le lieu de combat avant de quitter le ciel Filifala.

« Le combat avait duré environ trente minutes et même si les ravisseurs n’avaient pas perdu leur position malgré la puissance de feu des soldats français, les djihadistes avaient enregistré sept morts et une voiture calcinée », nous confie une source locale.

Les deux français étaient enlevés le 1er mai dernier au parc national de la Pendjari au Benin tout comme les autres touristes Sud-Coréen et américain enlevés quelques jours plutôt. Les ravisseurs au nombre de sept auraient quitté le Benin avec les otages pour rentrer au Burkina Faso avant de remettre les otages à un autre groupe affilié à l’EIGS, dirigé dans la forêt Fhéro sur la frontière entre le Mali et le Burkina Faso.

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