Mali-Burkina : l’armée Burkinabé détient toujours les fils du réfugié malien tué à Djibo

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Après la découverte du corps sans vie d’un réfugié malien portant traces de tortures dans un hôpital à Djibo au Burkina Faso, les familles de la victime et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont mis la pression sur l’armée Burkinabè pour savoir que sont devenus ses enfants avec lesquels il a été enlevé au mois de décembre dernier en territoire malien. Les soldats burkinabés ont finalement affirmé qu’ils détiennent les fils de la victime sans avancer les motifs de cette arrestation.

L’armée burkinabé a affirmé qu’elle détient les trois fils Oumar Ould Mohamed, ce vieil homme de 67 ans dont le corps sans vie et portant traces de tortures a été découvert le 7 janvier dernier à l’hôpital de Djibo. Les fils et le père ont été enlevés en territoire malien près de la frontière du Burkina le 13 décembre dernier par des hommes armés non identifiés, et depuis les familles n’avaient plus leurs nouvelles jusqu’à la découverte du corps sans vie du vieillard. Contacté au téléphone par Nord Sud Journal, Taleb Boubacar, un responsable des refugiés maliens à Mentao confirme l’information.

 Interrogés par les services militaires

« La Commission Nationale pour les Réfugiés, (CONAREF) et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) nous ont annoncé que l’armée du Burkina Faso détient les trois jeunes. Ils nous ont également rassuré qu’ils sont en bonne santé et que pour le moment ils sont en train d’être interrogés par les services militaires », déclare-t-il.

« L’armée burkinabé a appelé la CONAREF pour l’informer de la détention des trois personnes, avec leur moto taxi et leur vache. Elle a également dit qu’ils sont vivants », ajoute Boubacar Ould Taleb, un leader de la communauté arabe au Mali.

Cependant les soldats burkinabés n’ont pas avancé les raisons de l’arrestation de ces trois jeunes maliens ni comment ils se sont retrouvés en territoire burkinabé alors qu’ils étaient enlevés au Mali. Aucune information n’a été donnée aux familles des victimes sur les circonstances dans lesquelles le vieux réfugié est mort.

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Depuis la découverte du corps sans vie portant traces de tortures dans un hôpital à Dijob, les familles de la victime ont mis la pression sur les organisations chargées de la protection des réfugiés en territoire burkinabé. De ce fait, elles ont rencontré le HCR et la CONAREF le 9 janvier dernier pour en savoir davantage sur leurs proches. Selon Boubacar Ould Taleb qui a participé à la réunion, l’annonce de la nouvelle a soulagé « le choc de la famille » qui est restée un mois sans aucune information des enfants enlevés à Boulkessi.

 » Ils sont détenus de façon illégale « 

Le 8 janvier dernier, les réfugiés maliens ont manifesté leur colère vis à vis des organisations humanitaires intervenant sur le site de Mentao en boycottant tous leurs services. Ils ont demandé à celles-ci de tout mettre en œuvre pour « retrouver leurs frères ».

La communauté arabe a multiplié les démarches et les sensibilisations pour retrouver « les enfants disparus ». Des messages et la photo d’un des trois personnes ont circulé sur les réseaux sociaux, demandant aux internautes des partages afin de retrouver les « disparus ». Après l’annonce de la détention par les autorités militaires, les proches disent se battre pour la mise en liberté de leurs parents. Selon eux, ils sont détenus de façon illégale et sont innocents.

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