Mali : climat politique, le temps des concertations

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Depuis peu, la tension politique née de la contestation des résultats de la dernière présidentielle semble être à l’accalmie. Cette décrispation du climat politique découle des rencontres entre le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita et le chef de file de l’opposition, ainsi que des discussions entre partis politiques de la majorité et de l’opposition.

Pour sortir des crises politique, sécuritaire, financière… que le pays traverse depuis l’élection présidentielle de juillet 2018, l’on assiste depuis quelque temps à de nombreuses rencontres entre le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, et plusieurs acteurs politiques, notamment Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition, ainsi qu’à des rencontres entre partis politiques de la majorité et de l’opposition. Après le coup de fil du 4 février dernier, une première rencontre est intervenue le mardi 23 février dernier. Au cours d’une audience qui aura duré près de 2 heures, les deux hommes ont « parlé du Mali ». Ils ont surtout évoqué la situation politique et sécuritaire, la crise sociale, la situation économique et financière et toutes les questions essentielles du pays. À la suite de cette rencontre, le Président de la République et le chef de file de l’opposition ont eu un second tête à tête le mardi 26 février dans la soirée, puis une troisième rencontre le mercredi 5 mars 2019. Outre le président de l’URD, le chef de l’État a reçu plusieurs personnalités politiques. Le dernier responsable politique à avoir été reçu était Tiébilé Dramé, Président du Parena et membre influent de l’opposition. Il était également le directeur de campagne de Soumaïla Cissé lors de la présidentielle. Pour sa part, Soumaïla Cissé a successivement rencontré les anciens Présidents de la République Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré et Dioncounda Traoré (président par intérim). Il a également eu un long entretien téléphonique avec Amadou Toumani Touré, actuellement à Dakar. Il justifie ces rencontres : « nous avons eu des échanges fructueux, nous avons essayé de convenir d’un mode opératoire de sortie de crise. J’ai eu la chance d’être reçu par les anciens, Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré et Dioncounda Traoré. J’ai eu un échange téléphonique avec l’ancien Président ATT ». Avec les uns et les autres, M. Cissé a insisté sur la nécessité de se rassembler afin de trouver rapidement une sortie de crise. Explication du chef de file de l’opposition : « il y a des défis importants, qu’il faut circonscrire le plus rapidement possible. Cela passera certainement par le choix d’une personnalité qui va diriger les équipes de dialogue pour pouvoir se parler franchement, en toute vérité, et pour que nous nous sentions tous concernés par les difficultés qui assaillent le pays ». Les partis politiques, de leur côté, multiplient les rencontres, majorité et opposition confondues. Ainsi, les leaders de la majorité présidentielle et ceux de l’opposition se sont rencontrés le mardi 14 février 2019. Et, au bout de quatre heures d’horloge de discussions franches, et même parfois très, ils ont reconnu la nécessité de resserrer les rangs pour sortir le pays de cette situation difficile. « Nous avons un souci commun, c’est de faire en sorte que le Mali se retrouve, que les Maliens se retrouvent, que nous sortions de la crise que nous connaissons depuis quelques temps », a déclaré M. Cissé. Toujours selon lui, l’opposition et la majorité ont le devoir et la responsabilité de faire en sorte que le pays retrouve la paix et la concorde. Toutes les questions d’intérêt national ont été abordées durant la rencontre : la situation politique et sécuritaire, les réformes électorales, les réformes politiques et institutionnelles…

Aller dans le même sens

Même démarche de recherche de dialogue entreprise pour sortir de l’impasse de la part de plusieurs autres responsables. Ainsi, l’ancien Premier ministre et Président des FARE, Modibo Sidibé, multiplie les échanges avec différents partis ou leaders politiques. Après le RPDM de Cheick Modibo Diarra et l’association ADEMA, conduite par Mme Sy Kadiatou Sow, le Président du parti FARE a rencontré l’URD, en janvier dernier. Même approche de dialogue chez Choguel Kokala Maïga, du MPR. Mais des interrogations demeurent sur cette frénésie de rencontres de la part des responsables politiques. Pourquoi IBK, de plus en plus cerné par des foyers incandescents, s’est-il résigné à aller vers son cadet, qui refuse de reconnaître sa réélection et formule de nombreux griefs contre sa gouvernance? Qu’est-ce Soumaïla Cissé pourrait concéder au Président de la République, et vice versa, pour la paix et la stabilité du Mali? Quels sacrifices sont-ils prêts chacun à consentir pour l’intérêt supérieur du Mali, qu’ils déclarent tous deux chérir et pour lequel ils sont censés se battre? En tout état de cause, la voie du dialogue inclusif est sans doute l’une des meilleures offres à explorer pour une vraie refondation de la République.

Khadydiatou Sanogo

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