Mali : comment s’en sortir?, « essuyer les larmes pour mieux voir »

Il est de coutume de comparer les pays quant à leur niveau de développement. Actuellement le Rwanda constitue l’échelon de valeur et de comparaison pour les pays africains. Le malheur de ce pays a été un électrochoc pour sa prise en main par ses fils qui ont compris que seul un développement harmonieux leur permettrait de ne plus revivre pareille situation.

De ce fait aucune comparaison ne semble possible avec ce pays d’Afrique de l’Est. Mais il semble opportun d’observer ce qui s’y passe et d’y trouver les voies et moyens pour sortir le Mali de l’ornière, de la situation dramatique dans laquelle il vit depuis 30 ans. Pour soigner un malade il faut un diagnostic clair et précis. Le Mali souffre de la « démocratie ». Cette « maladie » ronge le Mali depuis son avènement en 1991. Elle a détruit les organes essentiels du pays, l’Education et la Sécurité. De cette date à nos jours il n’y a pas eu une seule année scolaire pleine. D’où le sacrifice de plusieurs générations de maliens. L’armée a été minutieusement démembrée à cause de la hantise des démocrates sincères d’un hypothétique coup d’état alors qu’ils festoyaient. Dans quel autre pays du monde on verrait les députés de la majorité et de l’opposition se faire élire sur la même liste ? Pour les démocrates sincères cela ne pose aucun problème, l’essentiel est d’être élu et de participer au partage du gâteau de plus en plus grand, le budget du Mali a été multiplié par 2,6 en dix ans. Ainsi les députés à l’unisson sauf ceux de Yelema, majorité et opposition votent pour élire un président de l’Assemblée décrié. Sur les 147 députés, 134 ont voté pour l’actuel Président de l’Assemblée. Les députés de l’opposition ont donné la preuve éclatante qu’ils ne représentent pas leur parti. Le Mali a mal à son éducation, son armée, sa justice, son administration, sa santé. Le monde rural souffre de la gabegie des intrants agricoles Bref tout son corps lui fait mal. Du coup il se trouve sous assistance respiratoire. Aussi chaque Malien a le devoir impérieux de contribuer à remettre le malade sur pieds. Tous les maux dont souffre le pays sont importants. Certains des maux demandent une thérapie de choc : SANTE – EDUCATION – ENERGIE. Pour cela il existe un préalable : la bonne gouvernance. Pour aller de l’avant et pour éviter le chaos, une amnistie totale des faits de corruption doit être acceptée par tous. Quel malien n’a pas donné ou reçu un billet pour un service ? Il n’en existe pas beaucoup. Il faudrait radier l’ensemble des fonctionnaires de l’Etat, l’ensemble des opérateurs économiques. Sauf quelques-uns. Mettons les compteurs à zéro. Adoptons de nouvelles règles. Et veillons tout un chacun à les respecter et à les faire respecter. Pas de procès coûteux ou des peines de prisons pour les indélicats mais la confiscation pure et simple des biens du mis en cause. La suppression des différents fonds de souveraineté : Présidence, Primature et Assemblée Nationale. L’arrêt de la location hors de prix de logements ou de bureaux pour les ministres et autres cadre. L’arrêt de la prise en charge par l’Etat des factures d’électricité, eau et téléphone. Tous auront une prime à déterminer. L’arrêt de la prise en charge des frais de bouche du ministre et de son cabinet. La diminution drastique du budget de l’Assemblée Nationale. Il va falloir vivre à l’heure suédoise. Ces économies devraient permettre de dégager une enveloppe de 35 à 40 Milliards. Sur 5 ans, 200 Milliards pourront être investis dans l’éducation, la santé, l’hydraulique, l’énergie.

La rationalisation des dépenses de l’Etat par une diminution drastique du parc automobile. Il n’est pas normal d’avoir des ministres avec une dizaine de véhicules. Personne n’est obligée de devenir ministre. On devient ministre ou directeur pour servir et non se servir. Il est impérieux de permettre aux maliens de se soigner dans les meilleures conditions. Il est anormal après 60 ans d’indépendance d’aller au Maroc, Tunisie ou en France pour soigner un diabète. Chaque capitale régionale devrait avoir un hôpital de référence pour assurer la prise en charge de toutes les pathologies. Il reste entendu que les salaires du personnel soignants devront augmenter de façon substantielle. On peine à croire que le Mali a été dirigé pendant 10 ans par des enseignants, vu l’Etat de délabrement du système éducatif. L’Etat s’est défaussé par la promotion de structures privées qui n’ont d’école que de nom. Le système est devenu une pompe à finances pour les promoteurs et certains fonctionnaires indélicats. Le niveau des élèves et étudiants ne faisant que baisser d’une année sur l’autre. L’accent devrait être mis sur la création d’écoles professionnelles digne de ce nom. Ces centres de formation devraient être dédiés à la formation technique (mécanique, bâtiment, froid, menuiserie et électricité). Le pays manque de techniciens. L’ECICA et le CFP seuls ne peuvent subvenir aux besoins. Il va s’en dire qu’une revalorisation de la fonction enseignante est nécessaire ainsi qu’une meilleure formation initiale et continue. En ces temps de réchauffement climatique et de restriction budgétaire, il est inconcevable que l’un des pays les plus ensoleillés ne dispose pas de centrales solaires dignes de ce nom. De 6h du matin à 18h le soir, on ne devrait consommer aucune goutte de fioul pour produire de l’électricité au Mali. Et pour la tranche nocturne, il s’agira de faire l’appoint de la production hydroélectrique par l’achat auprès de la Côte d’Ivoire qui dispose de la production nécessaire pour alimenter tout le Mali. Pour cela il suffirait de redimensionner l’interconnexion. Et peut-être dans le cadre d’une coopération régionale, construire des centrales à gaz dans les ports de Dakar, Abidjan ou San Pédro. Cela éviterait la gabegie notée dans l’approvisionnement en fioul des centrales EDM qui sont sous-dimensionnées. Le transport de l’électricité ne coûte presque rien, le transport du fioul du fioul de Dakar à Bamako pour 40 mille litres coûte 2 à 2,5 millions. L’inertie depuis tant d’années devrait cesser. Le kilowatt coûte en moyenne en Côte d’Ivoire 75 FCFA et 103 FCFA en moyenne au Sénégal contre 128 FCFA au Mali Les ressources pour mener à bien ces projets existent. Les dépenses de fonctionnement devront baisser et être rationnalisées. Les recettes seront optimisées par une plus grande rigueur au niveau des services de recouvrement (Douanes et Impôts) par une digitalisation accrue. Au niveau des Douanes, il semble impératif d’instaurer un contrôle plus strict des importations en impliquant davantage la structure en charge de la vérification des importations (ex SGS ou équivalent) par un contrat de performance adéquat. Il ne s’agirait pas d’énoncer des objectifs comme de coutume, mais d’assigner des buts à atteindre dans un délai prédéfini. Celle ou celui en charge devrait répondre devant le peuple. La personne pouvant être reconduite pour une nouvelle mission ou se voir licenciée. Nous devons faire nôtre la culture du résultat. A tous les secteurs de production du pays devraient être assignés des objectifs de production et résultat avec à la clé une promotion ou une sanction.

Mohamed Sylla

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