Mali : Communication présidentielle et la transparence sélective

Entre les engagements pris par le chef de l’Etat, Bah N’Daw, devant les Maliens le jour de son investiture, pour la refondation du Mali, et jeu de duperie orchestré par son entourage, l’écart se creuse. A moins que le colonel major, connu pour son sérieux et sa rigueur, n’ait floué les fils du pays dont il dit être fier d’être ‘’l’esclave’’, la présentation de son bilan de santé ne saurait passer devant le respect de la loi, comme règle de transparence.

Dans un Tweet en date du 5 octobre 2020, Koulouba indique que le Chef de l’Etat, Bah N’Daw, qui a prêté serment le 25 septembre au CICB, en tant que président de la transition qui doit durer 18 mois, ‘’se porte bien, en témoigne le bilan de santé auquel il s’est soumis ce week-end.

Le résultat s’est avéré concluant, hormis un début de cataracte’’. La même information est inscrite sur la page Facebook de la présidence de la République. Les auteurs de l’information précise que ce bilan de santé du président de la transition s’inscrit dans ‘’un souci de transparence’’.

Toutefois, l’on ne précise pas la nature du bilan médical réalisé, ni le nom du médecin qui en garantit l’authenticité. Bon, mais rien de grave à ce niveau. Aussi, ne faut-il pas saluer cet effort de communication de l’entourage du président de la Transition même si les Maliens savent de lui qu’il est un militaire aguerri et qui a donné toutes les preuves de sa santé lors de son investiture ce 25 septembre dernier ?
Toutefois, l’on note par ce communiqué qu’il y a une forte volonté d’occulter l’essentiel au détriment des détails.

En effet, en République du Mali, aucune loi n’exige de donner le bilan de santé du Président. Des voies légales existent pour constater son empêchement. Ce qui est par contre obligatoire, c’est la déclaration de ses biens devant la Cour suprême 48 heures après la cérémonie d’investiture. « Après la cérémonie d’investiture et dans un délai de 48 heures, le Président de la Cour suprême reçoit publiquement la déclaration écrite des biens du Président de la République.
Cette déclaration fait l’objet d’une mise à jour annuelle », Article 37 de la Constitution du 25 février 1992.

A ce que nous sachons, à présent cette déclaration publique des biens du Président n’est pas encore faite. Alors, au lieu de s’attarder sur les détails, il vaut mieux d’aller à l’essentiel. Puisque le président lui-même a dit qu’à défaut de promettre la corruption zéro, il s’engage pour l’impunité zéro.

La charité bien ordonnée commençant par soi-même, nous pensons que l’entourage du colonel major, pour son honorabilité, doit arrêter de divertir les Maliens et aller à l’essentiel. Alors, cette volonté de transparence comme le prétend la présidence de la république est une transparence sélective.

Info-Matin

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