Mali : Conseil National de Transition, la cacophonie pollue la sérénité de l’institution

A peine mis en place, l’organe législatif de la Transition souffre de controverses et de défections, en l’occurrence deux de ses membres, l’imam Oumarou Diarra et Kadiatou Haïdara, la fille du guide religieux Ousmane Cherif Haïdara, qui ont claqué la porte avec beaucoup de bruit.

La question se pose alors de savoir si le CNT pourra relever les défis du changement dans la gouvernance du pays. Le doute est permis, eu égard aux conditions de mise en place de cet important organe de la période transitoire.

Par le biais du décret du 3 décembre dernier portant liste des membres du CNT, l’organe législatif de la Transition est désormais en place. Mais le climat de suspicions dans lequel ce dernier organe de la période transitoire est créé semble jeter un certain discrédit sur son fonctionnement et ses missions.

D’abord, il faut relever les controverses selon lesquelles le décret susvisé n’a pas été dument signé par le président de la Transition, Bah N’Daw. L’on s’interroge alors sur la validité de cet acte administratif que certains acteurs politiques projettent d’attaquer devant les juridictions. Ce décret sera-t-il annulé ? Dans ce cas, c’est tout l’édifice de « cooptation » des membres du CNT qui s’écroulera.

En outre, l’on signale des cas de membres du CNT qui n’auraient pas déposé de dossier, comme exigé par l’un des décrets du 9 novembre 2020 portant modalité de désignation des membres de cet organe. D’autres membres désignés l’auraient été à titre individuel et non au nom d’une quelconque entité citée dans le décret portant clé de répartition des membres. C’est ainsi que des cadres comme Mamadou Diarrassouba, 1er secrétaire à l’organisation du Bureau politique national du RPM, l’ex-parti présidentiel, Assarid Ag Imbarcaouane (ADEMA-PASJ/EPM), Marimanthia Diarra (ADEMA-PASJ/EPM), Mme Diarra Racky Talla(UM-RDA/EPM), Housseini Saye (CODEM), Assane Sidibé (Yelema) entre autres, n’ont mandat d’aucune organisation politique. Puisque leurs regroupements politiques respectifs ont refusé de siéger au sein de ce format du CNT. S’y ajoutent des confusions et conflits d’identité entre certains membres homonymes du CNT. Certains homonymes ont été refusés au profit d’autres pour des arguments non convaincants… Quid des récriminations de la CMA, qui ne se reconnait pas dans les membres désignés en son nom ?

Toutes ces polémiques révèlent un amateurisme dans l’installation de cet organe de la Transition, chargé pourtant du travail législatif et du contrôle de l’action gouvernementale, dont certains seront la base du renouveau appelé de tous les vœux. Ce climat d’approximation et d’amateurisme met aussi en évidence de manque d’une base de légitimité au CNT. Car, à quoi sert-il à un organe de rassembler des cadres non au nom des regroupements ou des organisations les ayant mandatés mais en leur nom personnel ? De quelle assise populaire disposera le CNT pour s’en servir dans la perspective des textes réformateurs à adopter ? Des textes qui auront besoin de l’adhésion des forces vives du pays.

En définitive, beaucoup d’acteurs politiques estiment que le CNT n’est pas représentatif du peuple malien.

Maliweb

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