Mali : crise de l’éducation, l’Assemblée nationale déplore l’amateurisme des syndicats.

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Face à la crise de l’éducation qui sévit dans notre pays, avec le risque d’une année blanche, les élus de l’Hémicycle tentent de concilier les deux parties, gouvernement et syndicats, signataires du 15 octobre 2016. Le président de la commission de l’éducation, l’Honorable Siaka Sangaré, déplore l’amateurisme des syndicalistes et prend à témoin l’opinion nationale.

La semaine dernière, les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre ont entamé une nouvelle grève, pour non-paiement des salaires du mois de février. Une décision qui les renforce dans leur position et conduit inéluctablement à une année blanche académique, ce que désapprouvent les élus de l’Hémicycle, qui veulent informer les populations sur le déroulement des processus de négociation. L’Honorable Siaka Sangaré explique leur point de vue. « Face à la crise au niveau de l’éducation, la commission que je préside a un devoir d’implication pour trouver un dénouement heureux. Et, à partir du 28 janvier, nous avons invité tous les acteurs, en commençant par le syndicat de l’éducation signataire du 15 octobre 2016, composé de différents syndicats protagonistes. On les a écouté, tout comme le ministre de l’éducation, et ensuite on a échangé avec les uns et les autres. On a ensuite rappelé le syndicat au niveau de la commission pour échanger une seconde fois et réécouté le ministre pour échanger sur les points de vue, sur les dix points de revendication et sur ce que l’État pouvait faire à chaud. Vers le 28 janvier, ils étaient convenus de 6 points d’accords, dont 1 partiel, gérable sur le temps. Nous avons dit aux syndicalistes : quand tu es bon syndicaliste, que tu fais des revendications sur 10 points et que tu obtiens satisfaction sur au moins 5, je crois que vraiment il faut essayer de suspendre ta grève. En tant que commission, on a donc demandé un moratoire, de suspendre, car on ne peut pas demander à un syndicat d’arrêter sa grève. On s’est séparés comme ça. Ils nous ont dit qu’ils allaient d’abord se consulter et consulter leur base. Moi, en tant que président, j’ai rédigé une note technique adressée au bureau de l’Assemblée. Mais on a vu que la situation ne faisait qu’empirer et décidé le jeudi 14 mars d’appeler les syndicats. Ils sont venus, bien qu’un peu en retard et en rangs dispersés. On a discuté de la couverture, chose qui avait manqué dès le départ à l’Assemblée, ce qui fait que certains pensaient que nous étions en marge alors que nous nous sommes impliqués dès le départ. Nous voulons montrer à l’opinion que dès le début l’Assemblée s’est impliquée, car nous sommes l’émanation du peuple. Il faut qu’il sache que ses représentants ont joué leur partition dans ce conflit ».

Peut-on dire que les négociations s’annoncent de bon augure, en dépit de la grève, après vos échanges avec la commission de médiation ?

Après une longue discussion avec les syndicalistes, nous avons reçu la commission de médiation, qui est venue avec toutes sortes de lamentations, disant avoir épuisé toutes ses forces sur ce cas. La commission a dit avoir l’impression de faire face à des syndicalistes qui n’ont pas compris ce que veut dire syndicalisme. Le syndicaliste revendique, mais s’il y a des points d’accord il peut suspendre sa grève. Ils disent avoir tout dit et tout fait, en vain.

Quelle est la position de l’État ?

Toujours dans l’après midi du 14 dernier, à la suite des syndicats et de la commission de médiation, nous avons convié les deux ministres, celui de l’Éducation et son homologue du Travail, pour discuter. Eux déplorent le fait que les syndicalistes aient refusé de signer le PV de conciliation justificatif des assises, ce qui fait qu’il y a eu un blocage et qu’ils n’arrivent plus du tout à s’entendre. Selon l’information du ministre du Travail, il y a eu 31 jours de grève. Dans les textes, quand tu vas en grève, il faut s’attendre à des coupes sur ton salaire. Quand tu ne travailles pas, tu ne peux pas t’attendre à être payé. Même si c’est logique, nous demandons à ce que cela soit fait de manière séquentielle. Selon les ministres, si cela n’a pas été possible, c’est parce que le dialogue a été rompu alors qu’ils s’attendaient à un dénouement. Et comme cela ne fait qu’empirer, ils ont déduit les 30 jours.
Nous, nous souhaiterons que le dialogue soit renoué et que les coupures sur salaire soient effectuées sur la base des séquences des grèves. Nous avons invité les syndicalistes à aller au dialogue, car ce sont eux qui ont fermé le dialogue. Quand vous allez à des commissions de conciliation, même si vous ne vous entendez pas, il y a un PV (procès verbal) de carence que tout le monde émarge pour signifier la rencontre, mais les syndicalistes sont restés inflexibles. Je pense que ce n’est pas une bonne chose. En tant que représentants du peuple, nous les avons appelés et montré à l’opinion nationale et internationale qu’en tant qu’élus nous jouons notre partition.

Khadydiatou Sanogo 

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