Mali : de beaux jours à l’horizon pour les artisans maliens

Tisserand, Mali, Bamako

Le métier de tisserand traditionnel sombrait pratiquement dans les oubliettes il n’y a pas si longtemps. Avec l’évolution de la mode et les nouvelles tendances, qui mettent en avant les tissus africains, la profession fait aujourd’hui face à l’affluence et un nouveau souffle de vie lui est donné.

Il fut un moment où il fallait chercher les tisserands à la loupe dans la capitale malienne, vu qu’ils n’étaient plus aussi sollicités que cela. Beaucoup ont dû changer de métier ou rentrer dans leurs villages d’origine. « Dans notre famille, tous les hommes sont tisserands, mais mon oncle, qui m’a appris le métier, ne le pratique plus depuis 10 ans déjà », nous rapporte Souley Sy, un jeune tisserand de 30 ans qui vient de Mopti, dans le centre du Mali. Souley soutient que son oncle n’arrivait plus à joindre les deux bouts et a dû rentrer au village pour se rendre utile dans les travaux champêtres.

Une situation pénible qui commence à changer, selon Wouri Diallo, lui aussi tisserand, qui vient de Guinée Conakry, plus précisément du village de Doua. Entouré de quatre jeunes garçons, le père se dit rassuré. « Depuis environ quatre ans, nous avons constaté une nette amélioration de la clientèle. Cela redonne de l’espoir à nos fils aussi, qui apprennent le métier à nos côtés». Il a commencé son apprentissage en Guinée, mais s’est perfectionné auprès de vieux tisserands maliens. Wouri se dit satisfait, vu le nombre de clients.  «Alhamdoullilah, aujourd’hui je vends mes tissus à des revendeurs au Grand marché, aux couturiers et à des femmes qui viennent s’approvisionner directement chez nous ». Cependant, il souligne le côté très pénible du métier, car la confection d’un seul pagne peut prendre toute une journée. D’un ton humoristique, Wouri, qui tisse depuis 27 ans déjà, nous dit « si vous me donnez deux millions de FCFA, j’abandonne aussitôt ce métier, car il demande beaucoup d’efforts ».

Le prix d’un ensemble en pagne tissé s’élève à 20.000 FCFA et les couvertures se marchandent à partir de 40 000 FCFA. Pour Nathalie Sidibé, une fan du Made in Afrique, le travail en vaut le coût. Elle ajoute : « je pense que c’est un devoir pour nous tous de mettre en valeur nos tissus locaux, de valoriser notre culture. Partout où je vais en Afrique, je rapporte un tissu local de ce pays ». À part les œuvres des tisserands maliens, on trouve aussi sur le marché du Made in Burkina Faso et du Made in Ghana, même si les prix diffèrent, celui du Mali revenant moins cher.

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