Mali : début d’une guerre froide entre le ministre de l’économie et les enseignants grévistes

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Le ministre de l’Économie et des Finances Boubou Cissé a annoncé à travers une lettre adressée à son homologue de l’éducation nationale « la retenue sur le salaire » des enseignants grévistes de ce mois de février.  Les enseignants ne comptent pas baisser les bras face à cette décision qu’ils qualifient de « non-événement ».

C’est à travers une lettre adressée au ministre de l’éducation nationale datant du 21 février que le ministre de l’Économie et des finances, Boubou Cissé a annoncé qu’il sera procédé à la retenue sur salaire pour « fait de grève » des enseignants du fondamental et du secondaire pour le mois de février 2019.

Selon le document qui porte la signature du ministre, « des dispositions sont en cours pour émettre des ordres de recettes sur les jours de grève au titre des mois écoulés ».

Les grévistes requinqués

Cette annonce ne semble pas faire peur aux huit syndicats signataires du 15 octobre. Leur porte parole exprime la sérénité et l’engagement de ses collègues et militants à aller jusqu’au bout. Pour lui, aucune menace ne leur fera reculer. « Nous allons tenir, il n y a aucun doute, tenir par notre engagement », dit-il. Avant d’ajouter  « ce n’est pas une lettre qui va nous démotiver. D’ailleurs,  elle nous a requinqués », rassure  Adama Fomba, porte-parole des huit syndicats signataires du 15 octobre 2016, joint au téléphone.

Les enseignants disent ne pas être informés officiellement de cette décision. « On a vu la lettre avec les administrateurs. Les syndicats n’ont pas été officiellement informés. C’est un non-événement pour essayer de nous diviser »,  déplore vivement Adama Fomba.

Une décision fâcheuse

« Il a dit qu’il va faire une rétention sur nos salaires, nous attendons le voir à la tâche. Mais nous n’allons jamais reculer face l’annonce ». poursuit-il, avec le même ton.

Beaucoup d’enseignants du public dispensent des cours dans des établissements privés. Ce qui leur permet de joindre les deux bouts malgré l’annonce du ministre. Par ailleurs dans d’autres localités ces établissements privés n’existent pas. Les enseignants du public ne vivent que de leur salaire.

Depuis le début de l’année académique 2018-2019, un bras de fer  autour de quinze points de revendication oppose le gouvernement aux syndicats signataires du 15 octobre 2016. Les enseignants observent une succession de grèves qui met en mal le bon déroulement de l’année scolaire en cours.

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