Mali: difficile cohabitation entre migrants et habitants à Bamako

Mali, Bamako

Le Mali est connu pour son hospitalité. On ne manque presque jamais de logeur et tout étranger qui vient, même de nuit, est bien reçu. On met à sa disposition le peu qu’il y a de bon coeur. C’est d’ailleurs cette hospitalité que recherchent nos compatriotes en allant dans d’autres pays et qu’ils ne retrouvent pas.

À Bamako, l’organisation internationale pour la migration (OIM) a mis en place des lieux d’hébergement temporaires pour des jeunes de plusieurs nationalités, originaires de pays francophones comme anglophones. Ces jeunes sont très souvent regroupés selon leurs origines.

Indécentes

A Magnambougou FasoKanou, il y a dans un rayon d’un kilomètre trois sites d’hébergement et de gros problèmes. Les habitants du quartier se disent dérangés par le « vacarme » de ces jeunes pendant les séances de prières et les sorties nocturnes, dans des tenues « indécentes », des filles pendant la nuit. Aux dires de certains, que nous avons approchés, les dimanches il y a toujours du bruit dans la cour, souvent même la nuit. « Ils passent tout le week-end à jouer du tambour et à chanter. C’est un grand dérangement pour nous. Moi, même leur vendre mes marchandises je n’aime pas, parce qu’ils ne saluent même pas les gens quand ils passent », nous confie un étalagiste. Djénébou tient un restaurant au bord du goudron. Pour elle, il n’y a pas de problème avec ces jeunes. « Ils sont réglos et ils payent au comptant. Le seul problème entre eux et moi c’est que la plupart parlent anglais et que moi je ne comprends pas ce qu’ils disent. Hassey, un réparateur de motos juste à côté, de continuer : « les filles s’habillent très mal. Ce genre de comportement ne sied pas avec nos coutumes. Si elles pouvaient mieux s’habiller, ce serait bien. Elles passent toute la nuit à faire des vas et viens avec des hommes. Cela peut augmenter le banditisme dans le quartier ».

Tutelle de l’OIM

Ces jeunes, même pour aller à la boutique, sortent en groupe. Nous les avons approchés pour essayer de savoir comment ils vivent tout cela, mais ils n’ont pas voulu donner de commentaires. Au ministère des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine, on nous a confié que ces migrants sont sous la tutelle de l’Organisation internationale pour la migration (OIM), que nous avons aussi touchée pour mieux comprendre, mais qui ne nous est jamais revenue.

L’immigration est un phénomène qui touche beaucoup de pays africains de nos jours et si le Mali est devenu un passage forcé il serait judicieux que les autorités, en collaboration avec l’OIM, prennent des dispositions afin que les populations résidant à proximité des sites d’hébergement ne soit pas indisposées par les immigrants, et vice versa.

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