Mali : Joël Meyer, Ambassadeur de France, «la France ne vit pas du Mali»

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L’Ambassadeur de France au Mali, Joël Meyer était, ce mardi soir, l’invité de l’émission « Grands Dialogues» de Studio Tamani. Interrogé par notre confrère Mouhamadou Touré, sur le thème: «Mali – France : à qui profite la coopération?», le ton du débat était assez peu diplomatique, notamment sur les remarques faites par le Pr Abdoulaye Niang et le député Moussa Diarra.

Maliweb.net – «La France vit de ses anciennes colonies. Elle est à l’origine de la crise au Mali comme au Rwanda ou en Lybie. Les dirigeants maliens se sont trompés en comptant sur la France pour régler la crise dans notre pays», attaque un auditeur. En réponse, l’Ambassadeur Joël Meyer affirme que «la France ne vit pas du Mali. C’est fini ce temps où on pouvait penser cela». Le Mali, explique le diplomate, n’a pas un dialogue exclusif avec la France. Le Mali a d’autres partenaires régionaux et internationaux.

«Je suis navré d’avoir applaudi l’arrivée du président Hollande au Mali, d’avoir observé un deuil à la mémoire du premier pilote français tué en 2013», s’indigne un auditeur à Ménaka. «La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts», se rappelle un autre auditeur de la même localité. «Aujourd’hui, on vous attaque, Barkhane est appelée de 08h à midi, cette force n’intervient pas», fait remarquer un autre. «La France n’est pas là pour faire la police», réplique Joël Meyer. «Barkhane intervient là où il y a des poches avérées du terrorisme. Elle n’intervient pas contre les pilleurs», défend le diplomate.

Pourquoi l’armée malienne n’est pas entrée à Kidal, en 2013 avec Serval? demande le journaliste. «La France n’a pas les moyens d’interdire l’armée malienne d’entrée à Kidal». « Il y avait des priorités stratégiques». «L’entrée de l’armée malienne à Kidal n’était-elle pas une priorité», note le journaliste. «Je ne suis pas un spécialiste de la géographie des Adrars», se dédouane le diplomate entre deux rires jaunes. La France, accuse le Pr Abdoulaye Niang, à travers Barkhane, exploite l’or au Nord du Mali. Sur cette intervention, Joël Meyer se montre choqué et peu discourtois. Le diplomate parle «d’idioties» et demande qu’on lui apporte des preuves.

Sur les propos du député Moussa Diarra invitant ses collègues à dénoncer l’attitude de la France dans le conflit malien, Joël Meyer affirme être touché par le terme de «génocide» employé par le député. Pour lui, il s’agit d’une atteinte en la mémoire des soldats français et africains morts au Mali. C’est pour cette raison qu’il devait interpeller le président de  l’Assemblée nationale. «Avec toutes les technologies que la France a, pourquoi les troupes maliennes ne sont pas informées des mouvements des groupes terroristes?». «Ce n’est pas avec les technologies qu’on va tout combattre. Il ne faut pas surestimer les ethnologies», répond l’invité.

«À qui profite réellement la coopération Mali – France?», interroge le journaliste. «Au Mali en premier», rétorque le diplomate. «Qu’est-ce que la France y gagne alors?», insiste Touré. «Rien, à part la stabilité », tranche Joël Meyer. Réponse étonnante du diplomate français qui affirmait en introduction que la relation entre les deux pays était « excellente», «gagnant-gagnant» en termes de partenariat économique. Plus étonnant encore, l’ambassadeur français indique, au cours de l’entretien, qu’il ne peut révéler pour des raisons de «confidentialité » si le centre du Mali a, oui ou non, un intérêt pour la France.

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