Mali : la Caricature du prophète Mahomed, tout serait-il permis au nom de la liberté d’expression ?

Le monde entier est rentré en polémique après la republication par l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo des caricatures du prophète Mahomed. Il s’agit de ces mêmes dessins à la suite desquels, les attentats tristement célèbres ont été commis au siège dudit journal en 2015.

Hasard du calendrier, la republication a coïncidé plus ou moins avec les festivités du Maouloud commémorant la naissance du prophète. Comme on pouvait s’y attendre, une onde de chocs d’indignations traversa le monde musulman, et jusqu’à l’heure, la colère de millions de fidèles à travers le monde ne cesse.

Mais au-delà, la question que la France, et aussi le monde occidental de manière générale, devra se poser est de savoir si tout serait permis au nom de la liberté d’expression.

Au Mali, à l’instar de nombreux pays musulmans à travers le monde, l’indignation se fait toujours sentir. Dans la quasi-totalité des mosquées du pays, les imams ont condamné les caricatures en question tout en fustigeant l’attitude du président Macron. Ce, lors des khoutbas des vendredis et même lors de prêches organisés en dehors des heures de prières.

Cependant, une chose est de condamner de manière pacifique les dessins incriminés, c’en est une autre d’appeler au meurtre et d’encourager les actes terroristes à l’image de l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty, décapité par un jeune ressortissant tchétchène qui avait commis un tel pour se faire justice soi-même. Ou encore comme cet autre attentat commis dans la foulée ; trois fidèles ont été tués dans la basilique Notre-Dame de Nice lors d’une attaque au couteau.

Etant musulman, bien que choqué au plus profond de notre être, l’attitude ne devrait pas être de répandre des slogans haineux et violents, après la republication des caricatures du prophète bien-aimé. Il faudrait surtout prendre exemple sur Mohamed, Paix et salut sur Lui-même, de son vivant alors qu’il essuyait des insultes et des brimades bien plus dégradants.

Son attitude a toujours été de répondre le mal par un acte de bien. Il n’a point appelé ses coreligionnaires à répondre par le meurtre ceux-là qui étaient médisant envers lui. C’est cet exemple que les musulmans d’aujourd’hui devraient suivre.

Condamner le plus fermement mais aussi le plus pacifiquement possible toute atteinte à la sacralité de Mahomed, tout en se désolidarisant de tout acte violent commis pour se venger. Il s’agit là d’une attitude noble adoptée par le prophète lui-même et qui aura eu comme effet le ralliement de nombres de personnes à l’Islam.

D’un autre côté, les occidentaux et notamment la France qui se veut être la patrie de la liberté d’expression, devront comprendre une chose fondamentale.  C’est que tout ne saurait être permis au nom d’une quelconque liberté, aussi sacrée soit-elle. Le monde est loin d’être uniforme, et ce qui n’est qu’amusant à leurs yeux, peut être choquant pour d’autre.

L’universalisme n’existe que si chacun respecte l’autre dans sa diversité. Car c’est de cela qu’il s’agit, de respect de l’autre et aussi de courtoisie. Comme le dit le fameux, on peut rire de tout mais avec tout le monde.

Mais l’incompréhension d’un principe si simple montrerait que les occidentaux ne sont peut-être pas si ouverts d’esprit qu’ils le pensent. Car ils ne voient le monde que sous leur seul prisme oubliant de manière coupable que le monde est pluriel.

Aussi invraisemblable que puisse paraitre la logique de l’autre à notre regard, le respect et la courtoisie devront nous permettre de ne point vouloir heurter l’autre dans ce qu’il a de plus sacré. Voudraient-ils donc que le monde entier soit à l’image de leur société ? Un point de vue grotesque, si cela est vrai.

Avec Inf@sept

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