Mali : La CEDEAO écarte la démission du Président IBK, le M5-RFP l’exige

L’équipe de la médiation de la CEDEAO conduite par  Goodluck Jonathan, l’ex-président du Nigeria, a rencontré, hier,  tour à tour les différents protagonistes de la crise malienne.  En recevant  le comité stratégique du M5-RFP,  qui exige toujours la démission du Président IBK, pour le premier round des pourparlers  de sortie de crise, elle a écarté  cette exigence  en proposant la nomination d’un Premier ministre de consensus.

Va-t-on vers un échec de la médiation de la CEDEAO dans la résolution de la crise sociopolitique  malienne ? Hier 17 juillet 2020 à Bamako, les échanges  de la délégation  avec les différents protagonistes de la crise, notamment  avec le  comité stratégique du M5-RFP,  le collectif des députés qui s’estiment victimes de la l’arrêt de la Cour, le camp présidentiel… pour tenter de  trouver un  dénouement à la crise qui secoue le pays depuis plusieurs mois. Alors que les membres du  mouvement du 5 juin appellent à la démission du Président de la République, la délégation de médiation de la CEDEAO opte  pour la légalité, c’est-à-dire le maintien du Président de la République Ibrahim Boubacar Keïta à son poste  sans réduire ses prérogatives de chef de l’Etat.

Une  source au sein du M5-RFP  rapporte que contrairement aux  propositions de sortie de crise précédente de la CEDEAO, elle aurait opté cette fois-ci pour  la mis en place d’un gouvernement d’union nationale avec à sa tête un premier ministre de consensus, mais pas de pleins pouvoirs.  Selon cette source, la CEDEAO est venue  pour sauver le soldat IBK  et insiste toujours  sur la reprise des élections  législatives partielles dans les circonscriptions électorales contestées, le changement de la Cour.  Cette demande, faut-il le rappeler,  le Président de la République IBK en a déjà cédé en procédant, lors de son dernier discours télévisé, à l’abrogation du décret nommant les membres de la Cour Constitutionnelle  ouvrant une fenêtre à l’organisation des législatives partielles.

 Les exigences du M5

Le M5-RFP ne semble pas d’avis à cette proposition et reste  figé à sa revendication de demande de démission du Président IBK et son régime. Il insiste également  « sur l’ouverture d’une Transition républicaine, la  libération du Chef de file de l’opposition, l’Honorable Soumaïla Cissé, des d’enquêtes judiciaires en vue de poursuivre devant les juridictions nationales et internationales, des auteurs, commanditaires et complices des tueries, blessures et exactions commises contre les manifestants »

Le mouvement de contestation  se dit outrer  par l’usage disproportionné de la force contre les manifestants la semaine dernière    «  nous avons constitué un pôle d’avocats qui va porter plainte contre  ceux qui ont ordonné à la FORSAT de tirer à balles réelles contre les populations civiles. Nous allons également saisir la  Cour  pénale internationale  par rapport aux  tueries », insiste Dr Choguel Kokala Maïga.

Le M5-RFP  a  renoncé   d’organiser aujourd’hui  un meeting de recueillement à la place de l’indépendance  afin de  donner une  chance à la médiation qui semble avoir moins de chance  d’aboutir à une solution concrète. Il a plutôt  opté pour  une  prière collective dans tous les lieux de cultes ce vendredi  à la mémoire des victimes des affrontements du week-end et jours suivants.

Par ailleurs, la délégation de la CEDEAO a également  eu des échanges  avec le premier ministre, la majorité présidentielle, les observateurs locaux des législatives, la médiation de la CEDEAO  et les députés recalés, qui s’estiment victimes de la Cour.   Ces derniers   ont porté, hier jeudi 16 juillet,  un mémorandum à l’intention des médiateurs de la CEDAO dans lequel ils demandent  « la dissolution de l’Assemblée nationale ou la prise en compte des plaintes et des requêtes par l’administration et par  la Cour Constitutionnelle. »

Cette délégation de la CEDEAO  qui devrait poursuivre  les échanges  avec les protagonistes de la crise  ce vendredi et samedi  est  composée des groupes d’experts sur les questions politiques.  Et  au centre des  débats pouvant aboutir à une sortie de crise,   la CEDEAO  devrait trouver une réponse aux  questions de gouvernance, les revendications politiques de l’opposition,  la formation du futur gouvernementale.

Maliweb

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